Petites patries dans la Grande Guerre

Petites patries dans la Grande GuerrePour la rentrée, et en attendant la rentrée littéraire, un peu d’autopromotion ne peut pas nuire ! Voici donc quelques lignes sur une récente publication consacrée à la Grande Guerre, en Bretagne et ailleurs.

Si la connaissance de la Grande Guerre et la manière dont les combattants et civils ont vécu la guerre a fait de considérables progrès depuis une vingtaine d’années, une dimension reste paradoxalement peu prise en compte : l’approche régionale ou infra-régionale.

Le 13 novembre 2013, l’Université de Rennes II et le Centre de recherche des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan ont organisé, aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, une journée d’étude sur le thème « Pour une approche régionale de la Grande guerre ». Cette journée marquait la première étape de la préparation d’un colloque sur « La Grande Guerre des Bretons (1914-2014) » qui se tiendra à Coëtquidan et à Rennes les 14 et 15 mai 2014.

Les actes de la journée d’étude viennent de paraître aux Presses universitaires de Rennes. On y trouve la version écrite des communications prononcées en 2012 :

  • Yann Lagadec, « L’approche régionale, quelle pertinence ? Le cas des combattants bretons dans la Grande Guerre » ;
  • Erwan Le Gall, « Saint-Malo, la Bretagne, la France : des multiples inscriptions territoriales du 47e régiment d’infanterie » ;
  • Véronique Gouloubinoff et le lieutenant David Sbrava de l’ECPAD, « Images de la Bretagne et des soldats bretons dans la Grande Guerre » ;
  • Jérémie Halais, « Les conscrits de la subdivision de Granville et le fait régional (1889-1919) » ;
  • Odile Roynette, « Unité et diversité : le vocabulaire des combattants français de la Première Guerre mondiale sous le regard des linguistes » ;
  • Emmanuelle Cronier, « Les particularismes culturels, support du moral des troupes alliées pendant la Première Guerre mondiale ».

Ce volume a été enrichi par des contributions supplémentaires, qui permettent d’établir des comparaisons avec d’autres régions en France mais aussi à l’étranger.

  • Raphaël Georges, « Les combattants alsaciens-lorrains de la Grande Guerre, du Reichsland Elsass-Lothringen aux provinces retrouvées » ;
  • Carl Pépin, « Le Québec entre France et Canada : la question de l’effort de guerre canadien-français (1914-1918) » ;
  • Nathalie Philippe, » La Nouvelle-Zélande dans la Grande Guerre : de la région coloniale à la nation » ;
  • Michaël Bourlet, « L’expérience de la guerre des soldats du Nord et du Pas-de-Calais : Chtimi s’en va-t-en guerre ».

En conclusion, Vincent Joly montre que les différentes contributions ont permis de mieux comprendre comment les « petites patries » interagissent avec la grande. Ainsi, elles ont contribué à renforcer la capacité des soldats à endurer les pires souffrances. Dans certains cas, la défense du pays a conduit à une redéfinition (renforcement ou création) des identités régionales.

Michaël Bourlet, Yann Lagadec, Erwan Le Gall, Petites patries dans la Grande Guerre, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2013, 256 p.
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