Des officiers dans la Grande Guerre

Le-livre-d-or-des-Saint-Cyriens-morts-pour-la-France_mediumDepuis le début de l’année, chaque semaine, les écoles de Saint-Cyr Coëtquidan proposent de découvrir un officier de la Grande Guerre sur leur site internet à partir des fonds très riches du musée du Souvenir (des milliers d’objets, de tableaux et de documents d’archives). Les objets qui sont présentés, parce qu’ils ont appartenu à ces officiers, donnent également lieu à une description.

Cette rubrique hebdomadaire ne se limite pas aux saint-cyriens. Le conservateur du musée, l’officier communication et moi-même, qui suis chef du département histoire et géographie, souhaitons évoquer l’histoire des officiers de l’armée française pendant la Première Guerre mondiale, quels qu’ils soient. La diversité des recrutements a toujours fait la richesse de ce corps (Saint-Cyriens, Polytechniciens, Saint-Maixentais, réservistes, territoriaux…). L’objectif de cette rubrique est avant tout pédagogique. Tous les élèves officiers en formation aux écoles peuvent ainsi approfondir l’histoire de la Première Guerre, celle du corps des officiers ou encore les traditions de l’armée française et son patrimoine. Les nombreux témoignages laissés par les officiers de la Grande Guerre sont aussi l’occasion de stimuler la réflexion des élèves officiers sur le sens de l’engagement, la décision, le commandement, la peur, le combat, les relations avec les subordonnés. Pour certains, c’est le moment de découvrir l’histoire familiale.

Cette rubrique permet également de valoriser les collections du musée du Souvenir et de mettre ce patrimoine gratuitement à la disposition de tous. La mise en ligne en février de l’étonnant Livre d’or des saint-cyriens morts pour la France le montre : des centaines d’internautes ont téléchargé le document dans sa version intégrale.

L’histoire des officiers dans la Grande Guerre suscite en effet un grand intérêt. De 1914 à 1918, l’armée française a compté dans ses rangs près de 195 000 officiers qui ont encadré plus de 8 millions d’hommes mobilisés. En 1920, les pertes en officiers sont estimées à 36 593 tués, disparus ou morts des suites de leurs blessures ou de maladies contractées pendant les opérations. Après la guerre, les officiers anciens combattants constituent un groupe de plus de 150 000 personnes en France.

Quelques liens et références utiles :

Sur notre blog, au sujet des dossiers d’officiers : officiers en série et Messieurs les officiers, vos papiers s’il vous plaît !

Le livre de William Serman, Les officiers français dans la Nation. 1848-1914 [Paris, Aubier, 1982, 281 p.] reste encore aujourd’hui un ouvrage fondamental qui permet de mieux comprendre la place des officiers dans la société française (droits politiques, opinions, vies privée, quotidienne et publique, le loyalisme, etc.).

Bien que daté, La Société militaire française de 1815 à nos jours de Raoul Girardet [Paris, Perrin, 1998, 341 p.] nous permet de suivre, au rythme des déchirements et des soubresauts qui ponctuent l’histoire de la France de 1815 à la fin des années 1990, la communauté militaire et ce qui la distingue du reste de la société française. Dans ce grand livre, les officiers occupent évidement une place centrale.

Le livre de Gilbert Bodinier, Pierre Carles, Jean Chagniot, Claude Croubois, Jean-Charles Jauffret, Jean-Pierre Surrault, Histoire de l’officier français des origines à nos jours, [Saint-Jean d’Angély, Bordessoules, 1987, 429 p.] présente l’intérêt d’offrir une perspective plus large (du milieu du XVe siècle aux années 80).

En ce qui concerne la Première Guerre mondiale, le livre d’Emmanuel Saint-Fuscien, A vos ordres ? La relation d’autorité dans l’armée française de la Grande Guerre [Paris, EHESS, 2011, 310 p.] interroge l’autorité et l’obéissance pendant la Première Guerre mondiale. Emmanuel Saint-Fuscien était l’invité de L’Esprit public le 11 août 2013.

Julie d’Andurain signe un article intéressant sur La voie de l’épée, le blog de Michel Goya : 1 350 000 morts pour la France pendant la Grande Guerre. Parmi eux combien de généraux ?

Jean-Charles Jauffret, « L’officier de réserve : naissance, formation, emploi 1871-1919 », Centenaire de la réunion des ORSEM, Les armées françaises et leurs réserves, hier et demain, actes du colloque, Centre d’études d’histoire de la Défense, 2001.

Olivier Forcade, « Les officiers et l’État, 1900-1940 », Marc-Olivier Baruch, Vincent Duclert, Serviteurs de l’Etat, Paris, La Découverte, 2000.

Olivier Forcade, Eric Duhamel, Philippe Vial, Militaires en République (1870-1962), les officiers, le pouvoir et la vie publique en France, Paris, Publications de la Sorbonne, 1999 (voir la recension de Sébastien Laurent dans Vingtième siècle, revue d’histoire, 2000, n°65).

This entry was posted in Archives, Carnets de guerre, Objets, Patrimoine, Sources figurées, Sources imprimées and tagged , . Bookmark the permalink.

One Response to Des officiers dans la Grande Guerre

  1. aude says:

    C’est une idée très intéressante bravo

Laisser un commentaire