{"id":2924,"date":"2013-12-09T21:53:15","date_gmt":"2013-12-09T20:53:15","guid":{"rendered":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/?p=2924"},"modified":"2014-09-09T14:26:33","modified_gmt":"2014-09-09T12:26:33","slug":"la-correspondance-dun-cultivateur-soldat-1913-1919","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=2924","title":{"rendered":"La correspondance d&rsquo;un cultivateur-soldat (1913-1919)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img data-attachment-id=\"2934\" data-permalink=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?attachment_id=2934\" data-orig-file=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/Correspondance.jpg\" data-orig-size=\"1636,1044\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"Correspondance\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/Correspondance-300x191.jpg\" data-large-file=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/Correspondance-1024x653.jpg\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-large wp-image-2934\" src=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/Correspondance-1024x653.jpg\" alt=\"Correspondance\" width=\"348\" height=\"221\" srcset=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/Correspondance-1024x653.jpg 1024w, http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/Correspondance-300x191.jpg 300w, http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/Correspondance.jpg 1636w\" sizes=\"(max-width: 348px) 100vw, 348px\" \/>La <strong>correspondance<\/strong> laiss\u00e9e par les soldats est une des sources les plus cit\u00e9es par les historiens de la Grande Guerre. Pourtant il est souvent difficile de la contextualiser. La correspondance du soldat Maurice Gastellier est int\u00e9ressante \u00e0 plus d&rsquo;un titre. Son petit-fils, Jo\u00ebl Thierry, a retranscrit l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de cette correspondance, puis il l&rsquo;a crois\u00e9e avec les journaux des marches et op\u00e9rations des 76<sup>e<\/sup> et 19<sup>e <\/sup>r\u00e9giments d&rsquo;infanterie, des 9<sup>e<\/sup>, 10<sup>e<\/sup>, 125<sup>e<\/sup>, 22<sup>e<\/sup> et 163<sup>e\u00a0<\/sup> divisions d&rsquo;infanterie. De cette fa\u00e7on, il a reconstitu\u00e9 la vie de son a\u00efeul au jour le jour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9 \u00e0 Coulommiers, en Brie, le 20 d\u00e9cembre 1893, Maurice Gastellier, orphelin de p\u00e8re \u00e0 14 ans, est un jeune cultivateur au hameau du Theil (Seine-et-Marne). Il est incorpor\u00e9\u00a0 au 76<sup>e<\/sup>\u00a0r\u00e9giment d&rsquo;infanterie (Clignancourt) en qualit\u00e9 d&rsquo;engag\u00e9 volontaire le 14 octobre 1913 puis il est affect\u00e9 au 19<sup>e\u00a0 <\/sup>r\u00e9giment d&rsquo;infanterie (Brest) le 1er mai 1916. Il est d\u00e9mobilis\u00e9 le 11 avril 1919. Soldat de\u00a02<sup>e <\/sup>classe de 1913 \u00e0 1919, il laisse au pays sa m\u00e8re, Julia, veuve \u00e0 37 ans, son fr\u00e8re cadet Ren\u00e9, un ouvrier Joseph et un cheval, <i>Bijou<\/i>, pour les travaux des champs. Il entretient avec les siens une correspondance r\u00e9guli\u00e8re atteignant plus de 600 lettres. Maurice \u00e9crit, le plus souvent, au crayon de papier sur des cartes de correspondance militaire, des carte-lettres de petit format, du papier \u00e0 lettre, des cartes postales mais aussi au dos des lettres de sa m\u00e8re quand la p\u00e9nurie de papier se fait sentir. S&rsquo;exprimant dans un fran\u00e7ais oral et populaire teint\u00e9 de patois briard, il t\u00e9moigne de son quotidien, avec pudeur et humilit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La guerre de Maurice est celle, banale, d&rsquo;un fantassin. D&rsquo;apr\u00e8s sa correspondance et les archives militaires, Maurice Gastellier passe pr\u00e8s d&rsquo;un tiers de son temps de guerre aux tranch\u00e9es. Avec le 76<sup>e\u00a0 <\/sup>r\u00e9giment d&rsquo;infanterie, il participe \u00e0 la bataille des fronti\u00e8res dans les Ardennes en 1914, aux premi\u00e8res attaques de Vauquois en f\u00e9vrier-mars 1915 et \u00e0 la 2<sup>e <\/sup>bataille de Champagne \u00e0 l&rsquo;automne 1915. Avec le 19<sup>e\u00a0 <\/sup>r\u00e9giment d&rsquo;infanterie, il se bat \u00e0 Berry-au-Bac dans la guerre des mines de la c\u00f4te 108, au fort de Vaux en novembre 1916, au Chemin des Dames en 1917, dans le secteur de l&rsquo;Avre en Picardie et \u00e0 nouveau sur le Chemin des Dames pendant la 3<sup>e<\/sup> bataille de l&rsquo;Aisne en 1918. Enfin, apr\u00e8s un s\u00e9jour \u00e0 l&rsquo;Hartmannswillerskopf en Alsace en juin 1918, il participe aux offensives de l&rsquo;automne 1918. Il franchit la Meuse le 9 novembre 1918. Dans sa lettre du 12 novembre, il \u00e9crit qu&rsquo;il voit, l&rsquo;un apr\u00e8s l&rsquo;autre, ses camarades dispara\u00eetre jusqu&rsquo;\u00e0 \u00ab\u00a0<i>la derni\u00e8re heure de guerre<\/i>\u00ab\u00a0. Enfin, cette correspondance constitue un des rares t\u00e9moignages d&rsquo;un soldat fran\u00e7ais sur les \u00e9v\u00e9nements de la Courtine ayant impliqu\u00e9 des soldats russes en 1917.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour contourner l&rsquo;interdiction de mentionner des noms de lieux dans les lettres, Maurice Gastellier emploie des codes. Le 28 mars 1917, il \u00e9crit que son r\u00e9giment marche en direction de \u00ab\u00a0<i>la ville aux quatre S<\/i>\u00a0\u00bb pour ne pas citer Soissons ; le 5 avril 1917, il stationne dans\u00a0<i>\u00ab\u00a0un village qui porte le nom de ce qui est accroch\u00e9 sous l&rsquo;hangar de chez nous, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la grande \u00e9chelle et de ta lessiveuse\u00a0\u00bb<\/i> pour Laffaux sur le Chemin des Dames, etc. Face aux horreurs de la guerre, il adopte une attitude \u00e0 la fois de contournement et d&rsquo;autocensure. Par exemple, le 16 f\u00e9vrier 1915, \u00e0 la veille de la premi\u00e8re offensive sur Vauquois, il \u00e9crit une br\u00e8ve lettre : \u00ab\u00a0<i>Je crois que \u00e7a ne va pas \u00eatre le m\u00eame genre de guerre que d&rsquo;habitude. Enfin, je ne t&rsquo;en dis pas davantage car je n&rsquo;ai pas grand temps<\/i>\u00ab\u00a0. Le 19 f\u00e9vrier, apr\u00e8s l&rsquo;attaque, il \u00e9crit : \u00ab\u00a0<i>nous n&rsquo;avons pas \u00e9t\u00e9 faire quelque chose de beau. Je n&rsquo;ai pas voulu te le dire car je ne croyais pas en revenir. Nous avions un travail infaisable \u00e0 faire. Il fallait charger \u00e0 la baillonnette et s&rsquo;efforcer de prendre le pays de Vauquois qui est sur une hauteur et imprenable<\/i> [&#8230;] <i>Les premiers qui ont sorti de la tranch\u00e9e pour partir en avant<\/i> [&#8230;] <i>ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s, nous, nous \u00e9tions plac\u00e9s en face d&rsquo;une mitrailleuse, il n&rsquo;y avait pas moyen de sortir, \u00e7a fait que nous sommes rest\u00e9s<\/i> [&#8230;] <i>Enfin, il y a 60 morts et 160 bless\u00e9s dans notre bataillon<\/i> [&#8230;] <i>J&rsquo;ai toujours dis et je le r\u00e9p\u00e8te, on ne les repoussera jamais, les tenir, je crois que l&rsquo;on y arrivera mais le restant non<\/i>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ses s\u00e9jours au front sont entrecoup\u00e9s par des p\u00e9riodes d&rsquo;exercices et d&rsquo;instruction (12 % de son temps), des marches (9 %) et des travaux dans les lignes (11 %). De 1914 \u00e0 1918, il est bless\u00e9 quatre fois et \u00e9vacu\u00e9 malade \u00e0 deux reprises, ce qui explique qu&rsquo;il passe pr\u00e8s de 18 % de son temps dans des formations sanitaires (h\u00f4pitaux et infirmeries) :<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Le 2 avril 1915 \u00e0 Vauquois, il est bless\u00e9 par un \u00e9clat d&rsquo;obus de 155 mm qui provoque une commotion c\u00e9r\u00e9brale. Il est transport\u00e9 par ambulance puis par train sanitaire \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Tulle (Corr\u00e8ze) et \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital d&rsquo;Argentat (Corr\u00e8ze). Il b\u00e9n\u00e9ficie ensuite d&rsquo;une permission de convalescence chez lui au Theil en juin 1915,<\/li>\n<li>Le 6 mai 1917 au Chemin des Dames, il est touch\u00e9 par un \u00e9clat d&rsquo;obus \u00e0 l&rsquo;\u00e9paule gauche. Il est transport\u00e9 \u00e0 l&rsquo;H\u00f4pital de Royallieu (Oise) puis obtient une permission de convalescence au Theil.<\/li>\n<li>Le 20 octobre 1917 \u00e0 La Malmaison, il est gaz\u00e9 lors de l&rsquo;attaque du fort au ravin de Jouy et il est envoy\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Meaux.<\/li>\n<li>Le 26 mars 1918 \u00e0 Royes, il est bless\u00e9 \u00e0 la cuisse droite par une balle de mitrailleuse. Il rejoint Montdidier avec difficult\u00e9, \u00e0 pied puis dans un camion. Il est ensuite transport\u00e9 par train sanitaire jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Rouen.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est \u00e9vacu\u00e9 pour maladie \u00e0 deux reprises. Il \u00e9chappe \u00e0 l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie d&rsquo;oreillons qui frappe le r\u00e9giment mais il est atteint de la typho\u00efde. Il est conduit \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Bar-le-Duc en novembre 1915 puis \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Saint-Amand-Montrond. Ensuite, au milieu de l&rsquo;ann\u00e9e 1916, affaibli par une s\u00e9rie de furoncles et une conjonctivite, il est envoy\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Ch\u00e2teau-Thierry puis au d\u00e9p\u00f4t des \u00e9clop\u00e9s de Cr\u00e9zancy.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant plus de quatre ans, les \u00e9changes \u00e9pistolaires ont contribu\u00e9 \u00e0 maintenir les relations entre le front et l&rsquo;arri\u00e8re. La riche correspondance laiss\u00e9e par Maurice Gastellier le montre bien. Ce paysan \u00e9voque, avec pudeur, son quotidien au front. Il a connu tous les secteurs du front de l&rsquo;Aisne \u00e0 l&rsquo;Alsace. Il a parcouru des centaines de kilom\u00e8tres \u00e0 pied, en camion et en train du nord au sud, d&rsquo;est en ouest. Il \u00e9crit principalement pour rassurer les siens et gouverner l&rsquo;exploitation \u00e0 distance au fil des saisons. Il donne r\u00e9guli\u00e8rement des ordres, des conseils et quelque fois des r\u00e9primandes sur le d\u00e9roulement des travaux des champs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">Pour en savoir plus sur la correspondance de guerre :<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Christophe Prochasson, <em>14-18. Retour d&rsquo;exp\u00e9rience<\/em>, Paris, Texto, 2008, 431 p. Le chapitre VII est consacr\u00e9 aux \u00ab\u00a0t\u00e9moignages des correspondances\u00a0\u00bb. (Voir les recensions de Pierre Purseigle sur <a href=\"http:\/\/www.laviedesidees.fr\/De-retour-des-tranchees.html\" target=\"_blank\">La vie des id\u00e9es<\/a> et d&rsquo;Alexandre Lafon sur <a href=\"http:\/\/mouvement-social.univ-paris1.fr\/document.php?id=1562\" target=\"_blank\">Le Mouvement social<\/a>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/article.php?ID_ARTICLE=RHLF_032_0331\" target=\"_blank\">Carine Trevisan, \u00ab\u00a0Lettres de guerre\u00a0\u00bb, <em>Revue d&rsquo;histoire litt\u00e9raire de la France<\/em>, 2\/2003 (Vol. 103), p. 331-341 [en ligne].<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/aad.revues.org\/288\" target=\"_blank\">Sylvie Housiel, \u00ab\u00a0De la micro-analyse \u00e0 l\u2019analyse globale des correspondances\u00a0: lettres de combattants pendant la Grande Guerre\u00a0\u00bb, <em>Argumentation et Analyse du Discours<\/em> [En ligne], 1\u00a0|\u00a02008, mis en ligne le 07 septembre 2008<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Jo\u00ebl Thierry \/ Micha\u00ebl Bourlet<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Pour en savoir plus&#8230;<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"inline-anchor-surrounding-text\">Yann Lagadec, Jo\u00ebl Thierry, \u00ab\u00a0Un Briard parmi les L\u00e9onards, Maurice Gastellier, poilu colum\u00e9rien du 19 RI (1916-1918)\u00a0\u00bb, <em>Cahiers de l&rsquo;Iroise, Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00e9tudes de Brest et du L\u00e9on<\/em>, n\u00b0 217, avril-mai-juin 2014.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<div class=\"sharedaddy sd-sharing-enabled\"><div class=\"robots-nocontent sd-block sd-social sd-social-icon sd-sharing\"><h3 class=\"sd-title\">Partager\u00a0:<\/h3><div class=\"sd-content\"><ul><li class=\"share-email\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"\" class=\"share-email sd-button share-icon no-text\" href=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=2924&amp;share=email\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour envoyer par e-mail \u00e0 un ami\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour envoyer par e-mail \u00e0 un ami(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-facebook\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"sharing-facebook-2924\" class=\"share-facebook sd-button share-icon no-text\" href=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=2924&amp;share=facebook\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour partager sur Facebook\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-twitter\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"sharing-twitter-2924\" class=\"share-twitter sd-button share-icon no-text\" href=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=2924&amp;share=twitter\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour partager sur Twitter\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-linkedin\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"sharing-linkedin-2924\" class=\"share-linkedin sd-button share-icon no-text\" href=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=2924&amp;share=linkedin\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour partager sur LinkedIn\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-print\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"\" class=\"share-print sd-button share-icon no-text\" href=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=2924\" target=\"_blank\" title=\"Cliquer pour imprimer\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquer pour imprimer(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-end\"><\/li><\/ul><\/div><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La correspondance laiss\u00e9e par les soldats est une des sources les plus cit\u00e9es par les historiens de la Grande Guerre. Pourtant il est souvent difficile de la contextualiser. La correspondance du soldat Maurice Gastellier est int\u00e9ressante \u00e0 plus d&rsquo;un titre. Son petit-fils, Jo\u00ebl Thierry, a retranscrit l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de cette correspondance, puis il l&rsquo;a crois\u00e9e avec les journaux des marches et op\u00e9rations des 76e et 19e r\u00e9giments d&rsquo;infanterie, des 9e, 10e, 125e, 22e et 163e\u00a0 divisions d&rsquo;infanterie. De cette fa\u00e7on, il a reconstitu\u00e9 la vie de son a\u00efeul au jour le jour. N\u00e9 \u00e0 Coulommiers, en Brie, le 20 d\u00e9cembre 1893, Maurice Gastellier, orphelin de p\u00e8re \u00e0 14 ans, est un jeune cultivateur au hameau du Theil (Seine-et-Marne). Il est incorpor\u00e9\u00a0 au 76e\u00a0r\u00e9giment d&rsquo;infanterie (Clignancourt) en qualit\u00e9 d&rsquo;engag\u00e9 volontaire le 14 octobre 1913 puis il est affect\u00e9 au 19e\u00a0 r\u00e9giment d&rsquo;infanterie (Brest) le 1er mai 1916. Il est d\u00e9mobilis\u00e9 le 11 avril 1919. Soldat de\u00a02e classe de 1913 \u00e0 1919, il laisse au pays sa m\u00e8re, Julia, veuve \u00e0 37 ans, son fr\u00e8re cadet Ren\u00e9, un ouvrier Joseph et un cheval, Bijou, pour les travaux des champs. Il entretient avec les siens une correspondance r\u00e9guli\u00e8re atteignant plus de 600 lettres. 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