{"id":4322,"date":"2016-01-04T22:39:25","date_gmt":"2016-01-04T21:39:25","guid":{"rendered":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4322"},"modified":"2017-01-10T22:52:39","modified_gmt":"2017-01-10T21:52:39","slug":"le-temps-des-ruines-1914-1921-emmanuelle-danchin-repond-a-nos-questions","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4322","title":{"rendered":"Le temps des ruines (1914-1921) : Emmanuelle Danchin r\u00e9pond \u00e0 nos questions"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/1444050101.jpg\" rel=\"attachment wp-att-4330\"><img data-attachment-id=\"4330\" data-permalink=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?attachment_id=4330\" data-orig-file=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/1444050101.jpg\" data-orig-size=\"329,480\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Le temps des ruines\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/1444050101-206x300.jpg\" data-large-file=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/1444050101.jpg\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft wp-image-4330\" src=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/1444050101.jpg\" alt=\"Le temps des ruines\" width=\"291\" height=\"425\" srcset=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/1444050101.jpg 329w, http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/1444050101-206x300.jpg 206w\" sizes=\"(max-width: 291px) 100vw, 291px\" \/><\/a><\/strong>On doit aux comm\u00e9morations du Centenaire de la Premi\u00e8re Guerre mondiale une augmentation du nombre de publications consacr\u00e9es \u00e0 la Grande Guerre.\u00a0Cependant, les publications traitant des cons\u00e9quences mat\u00e9rielles de la guerre sur le paysage et le b\u00e2ti sont rares, alors m\u00eame que les destructions engendr\u00e9es par le conflit ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rables.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chercheure-partenaire au\u00a0<a href=\"http:\/\/sirice.univ-paris1.fr\/\" target=\"_blank\">SIRICE (Sorbonne-Identit\u00e9s, relations internationales et civilisations de l&rsquo;Europe), UMR 8138<\/a>, Emmanuelle Danchin a publi\u00e9\u00a0<a href=\"http:\/\/www.pur-editions.fr\/detail.php?idOuv=3942\" target=\"_blank\"><em>Le temps des ruines (1914-1921)<\/em> aux Presses universitaires de Rennes en 2015<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span id=\"yui_3_16_0_1_1435861747455_2038\">Nous lui avons pos\u00e9 quelques questions pour mieux conna\u00eetre les mat\u00e9riaux qui ont nourri son beau travail historique. Ses r\u00e9ponses tr\u00e8s fournies nous renseignent \u00e9galement sur le travail de documentation, d&rsquo;\u00e9valuation, de s\u00e9lection, d&rsquo;analyse et de contextualisation des sources.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Quelle distinction faites-vous entre \u00ab\u00a0ruine\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0ruine de guerre\u00a0\u00bb ? <\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La \u00ab\u00a0ruine\u00a0\u00bb n\u2019est pas une \u00ab\u00a0ruine de guerre\u00a0\u00bb et il faut op\u00e9rer une distinction entre l\u2019une et l\u2019autre car les temporalit\u00e9s ne sont pas les m\u00eames et les repr\u00e9sentations iconographiques qui en d\u00e9coulent non plus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La \u00ab\u00a0ruine\u00a0\u00bb, en effet, proc\u00e8de de l\u2019usure du temps, elle est le fruit de la lente d\u00e9sagr\u00e9gation des mat\u00e9riaux. Elle t\u00e9moigne d\u2019un pass\u00e9 et fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une temporalit\u00e9, celle du temps long. Il s\u2019agit d\u2019une ruine ornementale, envahie par la v\u00e9g\u00e9tation qui nourrit l\u2019esth\u00e9tique, parfois r\u00e9duite \u00e0 un simple \u00e9l\u00e9ment de d\u00e9cor. Ses repr\u00e9sentations s\u00e9duisent et laissent aller \u00e0 la contemplation, \u00e0 la r\u00eaverie, \u00e0 la m\u00e9lancolie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La \u00ab\u00a0ruine de guerre\u00a0\u00bb, par contre, est le r\u00e9sultat de l\u2019\u00e9clatement brutal et soudain de la mati\u00e8re qui se fend, \u00e9clate, se broie et se tord. Elle t\u00e9moigne du pr\u00e9sent et induit une temporalit\u00e9 courte. Elle est le r\u00e9sultat d&rsquo;une rupture nette et d&rsquo;une violence exerc\u00e9e contre un b\u00e2timent par l\u2019homme, au moyen de l\u2019artillerie ou d\u2019explosifs. Elle se traduit par un recentrement sur la mati\u00e8re (la pierre, les structures en bois ou en fer), sur les gravats, sur les cassures visibles qui permettent de rendre compte de l\u2019\u00e9tat de la structure d\u2019un b\u00e2timent ou plus largement d\u2019un groupement d\u2019habitations, d\u2019\u00e9difices, d\u2019installations industrielles ou agricoles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les t\u00e9moins oculaires des d\u00e9vastations mat\u00e9rielles de 1914, qu\u2019ils soient reporters, soldats ou civils, ont \u00e9t\u00e9 vivement touch\u00e9s par ces ruines de guerre car la brutalit\u00e9 soudaine des destructions les a forc\u00e9s \u00e0 reconna\u00eetre la violence de la nature humaine. Ceux qui ont voulu immortaliser ces ravages par la photographie, par la peinture, par le dessin ou par le film \u00e9taient impr\u00e9gn\u00e9s d\u2019une culture visuelle empreinte de la po\u00e9tique des ruines du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et de la vision romantique des ruines du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Consciemment ou non, ils ont donc parfois, dans leur cadrage ou dans la recomposition des \u00e9l\u00e9ments ruin\u00e9s sur une toile ou sur une feuille de papier, reproduit certains poncifs\u00a0de la ruine : esth\u00e9tisation d\u2019un paysage par le choix d\u2019une lumi\u00e8re ou d\u2019une couleur, par la mise en valeur d\u2019une v\u00e9g\u00e9tation renaissante\u00a0; ciel sombre accentuant le c\u00f4t\u00e9 tragique de la sc\u00e8ne\u00a0; plan d\u2019eau laissant aller \u00e0 la m\u00e9lancolie\u00a0; absence d\u2019\u00eatres humains dans la sc\u00e8ne soulignant davantage l\u2019id\u00e9e de d\u00e9solation, etc\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autres, au contraire, s\u2019en sont tenus au constat des destructions, usant alors des proc\u00e9d\u00e9s classiques du cadrage (gros plan, plan moyen, plan d\u2019ensemble), des angles de prise de vue (de face, de c\u00f4t\u00e9, en plong\u00e9e ou contre-plong\u00e9e) pour rendre compte des lieux travers\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le premier cas, les repr\u00e9sentations suscitent l\u2019\u00e9motion, une r\u00e9action, une prise de position face \u00e0 ce qui est per\u00e7u comme une catastrophe\u00a0; dans le deuxi\u00e8me cas, les repr\u00e9sentations documentent, enregistrent et inventorient les destructions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien garder \u00e0 l\u2019esprit cette distinction permet \u00e0 l\u2019historien de regarder avec distance ces images de ruines produites pendant la guerre. Il ne transf\u00e8re pas ainsi, comme l\u2019ont fait parfois les contemporains de 1914, son ressenti et peut mieux appr\u00e9hender, \u00e0 l\u2019appui parfois des l\u00e9gendes et des textes qui portent aussi ces images, les intentions contenues dans ces repr\u00e9sentations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette distinction permet aussi d\u2019\u00e9viter de calquer sur les repr\u00e9sentations de 1914-1918 (les peintures notamment) des id\u00e9es valables pour celles des XVIII<sup>e<\/sup>-XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cles, mais qui nieraient les sp\u00e9cificit\u00e9s propres \u00e0 la p\u00e9riode de guerre. Elle \u00e9vite \u00e9galement de s\u2019en tenir \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique de la ruine ou \u00e0 la sublimation. Elle permet, enfin, de s\u2019interroger sur les continuit\u00e9s ou les ruptures dans les repr\u00e9sentations de la ruine de guerre des conflits de 1870 et de 1912-1913.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">En quoi a consist\u00e9 votre travail de red\u00e9finition des sources et comment avez-vous s\u00e9lectionn\u00e9 vos sources\u00a0?<\/span> <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour amorcer ce travail sur les ruines de guerre, nous avons choisi de partir des repr\u00e9sentations iconographiques et scripturales de la d\u00e9vastation produites pendant le conflit. Pour ne pas nous enfermer dans le regard officiel, c\u2019est-\u00e0-dire celui qui est alors offert au public (point de vue de la presse \u00e9crite, de l\u2019arm\u00e9e, des artistes et intellectuels) et contourner l\u2019\u00e9cueil de la propagande, nous avons choisi de nous int\u00e9resser aussi aux regards officieux\u00a0(ceux des soldats et des civils qui, par leurs photographies et leurs \u00e9crits, avaient aussi \u00e9voqu\u00e9 les d\u00e9vastations). Maintenant, afin de ne pas nous en tenir \u00e0 un regard purement fran\u00e7ais port\u00e9 sur les d\u00e9vastations fran\u00e7aises, nous avons aussi choisi d\u2019inclure les regards port\u00e9s par les bellig\u00e9rants anglais et allemands sur ces m\u00eames ruines de guerre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0 Devant la masse de documents d\u2019archives rep\u00e9r\u00e9e, il a fallu ensuite op\u00e9rer des choix. Apr\u00e8s consultation, dans un premier temps, de ces documents en archives &#8211; premi\u00e8re \u00e9tape incontournable si l\u2019on veut se rendre compte de la vari\u00e9t\u00e9 des repr\u00e9sentations &#8211; il a fallu ensuite s\u00e9lectionner parmi elles celles qui seraient retenues et \u00e9tudi\u00e9es. Le choix s\u2019est alors port\u00e9 sur\u00a0ce que les contemporains de 1914 avaient \u00ab\u00a0vu\u00a0\u00bb de la destruction ou \u00ab\u00a0eu entre les mains\u00a0\u00bb. Nous avons donc retenu\u00a0parmi les sources iconographiques : la presse illustr\u00e9e, les affiches, les ouvrages illustr\u00e9s, les cartes postales qui circul\u00e8rent en grand nombre, les films d\u2019actualit\u00e9s, les albums photographiques de soldats, de civils et les vues r\u00e9alis\u00e9es par les op\u00e9rateurs des arm\u00e9es, mises en albums et expos\u00e9es, pour certaines d\u00e8s 1916, dans le cadre d\u2019expositions photographiques. Les peintures et les estampes, notamment celles des peintres missionn\u00e9s aux arm\u00e9es et au minist\u00e8re de l\u2019Instruction publique et des Beaux-Arts, ont \u00e9t\u00e9 consult\u00e9es, mais pas enti\u00e8rement exploit\u00e9es. Seuls les films d\u2019actualit\u00e9s mont\u00e9s et diffus\u00e9s de la Section cin\u00e9matographique des arm\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S&rsquo;y sont ajout\u00e9es les sources scripturales\u00a0: la presse \u00e9crite, les carnets de guerre, les t\u00e9moignages \u00e9crits et les versos de cartes postales de ruines qui livrent parfois des commentaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le traitement de ces sources a \u00e9t\u00e9 facilit\u00e9 par la r\u00e9alisation d\u2019une base de donn\u00e9es qui, crois\u00e9e \u00e0 des statistiques sur les d\u00e9vastations mat\u00e9rielles par d\u00e9partement r\u00e9alis\u00e9es dans le cadre de notre DEA et crois\u00e9e \u00e0 la presse illustr\u00e9e, ont fait appara\u00eetre une hi\u00e9rarchie, selon l\u2019intensit\u00e9 des d\u00e9vastations, entre les d\u00e9partements du front et, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ceux-ci, entre les communes et entre les types d\u2019\u00e9difices. Nous avons alors choisi d\u2019\u00e9tudier plus particuli\u00e8rement les d\u00e9partements qui avaient \u00e9t\u00e9 les plus touch\u00e9s par les d\u00e9vastations, les communes et monuments tr\u00e8s valoris\u00e9s, mais aussi celles qui l\u2019avaient \u00e9t\u00e9 faiblement\u00a0; nous pensons, par exemple, aux villages ras\u00e9s du canton de Charny autour de Verdun, pour lesquels la documentation est rare.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Maintenant, ces repr\u00e9sentations n\u2019ont \u00e9t\u00e9 que le point de d\u00e9part de ce travail permettant d\u2019interroger la mani\u00e8re dont on avait voulu rendre pr\u00e9sente la destruction et les discours que l\u2019on avait port\u00e9s dessus. La contextualisation des images de ruines de guerre nous a conduite vers d\u2019autres archives. Nous nous sommes, par exemple, interrog\u00e9e sur la destruction en tant que telle. Comment produit-on une ruine\u00a0? Les archives de l\u2019arm\u00e9e de terre \u00e0 Vincennes, les Archives nationales comme les archives d\u00e9partementales des d\u00e9partements retenus, nous ont \u00e9clair\u00e9e tant sur les modes de destruction employ\u00e9s, les mesures mises en place localement, que sur les effets sur l\u2019architecture, mais aussi dans les vies quotidienne et administrative.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De m\u00eame, les d\u00e9bats qui surgissent d\u00e8s 1915 autour de la valorisation des vestiges de guerre, nous ont dirig\u00e9e vers les acteurs du d\u00e9veloppement touristique tr\u00e8s pr\u00e9sents dans ces d\u00e9bats, comme le Touring-club de France ou l\u2019entreprise Michelin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, les discussions souvent fructueuses avec les archivistes ouvrent aussi des pistes. Si nous n\u2019\u00e9tions pas all\u00e9e travailler au mus\u00e9e de Cinquantenaire, \u00e0 Bruxelles, nous n\u2019aurions peut-\u00eatre pas song\u00e9 \u00e0 nous rendre \u00e0 l\u2019Institut royal du patrimoine artistique, \u00e0 deux pas de l\u00e0, qui poss\u00e8de des collections relatives aux campagnes photographiques allemandes men\u00e9es pendant la guerre pour enregistrer le patrimoine pr\u00e9serv\u00e9 de la zone occup\u00e9e. Nous n\u2019aurions du coup peut-\u00eatre pas song\u00e9 non plus \u00e0 nous rendre \u00e0 Metz afin de voir si ces campagnes photographiques avaient aussi eu lieu sur d\u2019autres points du front.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>En quoi les archives de la M\u00e9diath\u00e8que de l\u2019architecture et du patrimoine ont-elles constitu\u00e9 un apport fondamental \u00e0 votre travail\u00a0?<\/strong><\/span><strong>\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La <a href=\"http:\/\/www.mediatheque-patrimoine.culture.gouv.fr\/\" target=\"_blank\">M\u00e9diath\u00e8que de l\u2019architecture et du patrimoine de Charenton-le-Pont<\/a> abrite les archives du Service des Monuments historiques. On y trouve notamment les dossiers g\u00e9n\u00e9raux sur les monuments historiques, en particulier les circulaires, les d\u00e9cisions et les instructions minist\u00e9rielles, mais aussi les rapports et les notes sur l&rsquo;administration du Service. Les documents sur le personnel des Beaux-Arts, ainsi que sur les mesures de d\u00e9fense passive y sont \u00e9galement conserv\u00e9s. On y d\u00e9couvre surtout des listes par d\u00e9partement et par commune des \u00e9difices endommag\u00e9s, des travaux de protection ou de l&rsquo;\u00e9vacuation des \u0153uvres entreprise jusqu\u2019\u00e0 leur restitution. On y trouve, enfin, des archives relatives au fonctionnement du Service des monuments historiques durant la guerre (budgets et finances du Service) et relatives \u00e0 l\u2019\u00e9valuation des dommages de guerre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les archives de la M\u00e9diath\u00e8que de l\u2019architecture et du patrimoine nous ont donc permis de comprendre les d\u00e9cisions de pr\u00e9servation mises en place d\u00e8s le d\u00e9but de la guerre par le minist\u00e8re de l\u2019Instruction publique et des Beaux-Arts pour les monuments class\u00e9s du front et les collections, puis, la guerre se prolongeant, pour tous les autres monuments artistiques et religieux de la zone des arm\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elles \u00e9clairent en outre les r\u00e9flexions qui se firent jour d\u00e8s 1915 autour de leur pr\u00e9servation et les d\u00e9bats \u00e0 propos d\u2019une valorisation des vestiges envisag\u00e9e pour l\u2019apr\u00e8s-guerre. Elles montrent combien il fut difficile de s\u00e9lectionner des monuments d\u00e9j\u00e0 en ruines, caract\u00e9ristiques du conflit et de pr\u00e9server des b\u00e2timents appel\u00e9s \u00e0 terme \u00e0 se dispara\u00eetre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sans ces archives, ce travail se serait born\u00e9 \u00e0 une \u00e9tude des repr\u00e9sentations des ruines de guerre et des discours port\u00e9s sur elles. Ces archives ont donc permis de comprendre comment le minist\u00e8re de l\u2019Instruction publique et des Beaux-Arts avait envisag\u00e9 les premi\u00e8res mesures de protection contre les tirs d\u2019artillerie pour les \u00e9difices et collections situ\u00e9s dans la zone des combats. Elles ont aid\u00e9 \u00e0 reconstituer les d\u00e9bats qui \u00e9merg\u00e8rent d\u00e8s 1915 sur la conservation des ruines et sur la valorisation future des champs de bataille. Elles ont surtout \u00e9clair\u00e9 la place occup\u00e9e par le patrimoine architectural bombard\u00e9 pendant la guerre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">La cr\u00e9ation d\u2019une Section photographique et d\u2019une section cin\u00e9matographique de l\u2019arm\u00e9e en 1915 est associ\u00e9e \u00e0 la naissance des \u00ab images d\u2019archives\u00a0\u00bb. Pouvez-vous nous en dire plus\u00a0?<\/span> <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1915, la cr\u00e9ation d\u2019une Section photographique (SPA) et d\u2019une section cin\u00e9matographique de l\u2019arm\u00e9e (SCA) est le r\u00e9sultat de demandes conjointes des minist\u00e8res des Affaires \u00e9trang\u00e8res et de l\u2019Instruction publique pour la constitution d\u2019une documentation sur la guerre devant nourrir les archives, la propagande\u00a0et l\u2019histoire. Des op\u00e9rateurs sont envoy\u00e9s dans la zone des arm\u00e9es avec des instructions pr\u00e9cises quant aux types de vues et de plans \u00e0 r\u00e9aliser.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 leur retour de mission, les plaques photographiques et les bandes nitrate des op\u00e9rateurs \u00e9taient enregistr\u00e9es, d\u00e9velopp\u00e9es et remises au bureau de censure. Un exemplaire de chaque positif \u00e9tait ensuite mis en album afin de constituer \u00ab\u00a0une m\u00e9moire visuelle des \u00e9v\u00e9nements\u00a0\u00bb. Trois militaires furent charg\u00e9s en 1915 du titrage, du classement, de la traduction, du fichage et de la confection de ces albums, puis cinq en 1916, dix en 1917 et treize en 1918. 108 albums, soit plus de 18\u00a0000 photographies, furent confectionn\u00e9s de 1915 \u00e0 1918. L\u2019archivage se poursuivit apr\u00e8s la guerre et la collection compta en d\u00e9finitive 559 albums.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces albums reprennent tous les aspects de la guerre &#8211; des op\u00e9rations militaires \u00e0 la vie du soldat, en passant par des s\u00e9ries sur la marine, les troupes coloniales, l\u2019aide militaire et \u00e9conomique, jusqu\u2019aux monuments et aux paysages d\u00e9vast\u00e9s du front\u00a0; d\u2019o\u00f9 l\u2019appellation \u00ab\u00a0Pour la m\u00e9moire de la France\u00a0\u00bb donn\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e0 cette s\u00e9rie d\u2019albums aujourd\u2019hui conserv\u00e9s au Mus\u00e9e d\u2019histoire contemporaine-Biblioth\u00e8que de documentation internationale contemporaine (MHC-BDIC Paris) et \u00e0 la M\u00e9diath\u00e8que de l\u2019architecture et du patrimoine (Saint-Cyr \/ Montigny-le-Bretonneux).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour combler le manque d\u2019images pour la p\u00e9riode septembre 1914 &#8211; avril 1915, un appel fut lanc\u00e9 par voie de presse et de nombreux dons de particuliers furent recueillis puis int\u00e9gr\u00e9s aux albums. \u00c0 ceux-ci, s\u2019ajout\u00e8rent les clich\u00e9s du service des Beaux-arts, des documents d\u2019avant-guerre (majoritairement des cartes postales), des collections transmises p\u00e9riodiquement par les services photographiques alli\u00e9s, des documents iconographiques publi\u00e9s dans les principaux p\u00e9riodiques illustr\u00e9s des diff\u00e9rentes nations, des documents typographiques de guerre publi\u00e9s dans les journaux illustr\u00e9s fran\u00e7ais<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La volont\u00e9 de constituer une documentation sur la guerre et notamment sur les r\u00e9gions d\u00e9vast\u00e9es, et d\u2019en garder la trace par l\u2019image, exista donc d\u00e8s 1915, voire d\u00e8s septembre 1914 si l\u2019on prend en consid\u00e9ration les reportages photographiques effectu\u00e9s pour le compte du service des Beaux-Arts. Comme au milieu du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, lorsque fut organis\u00e9e la premi\u00e8re Mission h\u00e9liographique, la photographie fut per\u00e7ue comme un instrument permettant de produire des fonds documentaires de mani\u00e8re fiable. Le cin\u00e9ma fut, quant \u00e0 lui, consid\u00e9r\u00e9 comme un t\u00e9moin oculaire v\u00e9ridique et infaillible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Pourquoi avez-vous prolong\u00e9 votre \u00e9tude jusqu&rsquo;en 1921\u00a0?<\/span> <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les premi\u00e8res repr\u00e9sentations picturales et scripturales de ruines apparaissent dans la presse \u00e9crite et dans les albums amateurs de soldats d\u00e8s le mois d\u2019ao\u00fbt 1914\u00a0; notre travail commence donc naturellement avec le d\u00e9but de la guerre. Le choix d\u2019achever cette \u00e9tude en 1921 est venu des repr\u00e9sentations elles-m\u00eames. Au-del\u00e0 de cette date, en effet, les repr\u00e9sentations de la d\u00e9vastation changent et s\u2019attachent d\u00e9sormais \u00e0 mettre en avant la reconstruction et non plus la destruction. Cela se traduit par l\u2019apparition de nouvelles repr\u00e9sentations\u00a0: soldats ou prisonniers d\u00e9blayant les gravats, binant la terre ou fauchant les r\u00e9coltes\u00a0; civils faisant leur march\u00e9 au milieu des ruines\u00a0; maisons couvertes d\u2019\u00e9chafaudages, baraquements en bois ou maisons bien proprettes s\u2019\u00e9levant au milieu des gravats. Ces vues montrent d\u00e9sormais le rel\u00e8vement et non plus les d\u00e9combres. Certes, des s\u00e9ries de cartes postales continuent de circuler, mais elles reprennent des vues d\u00e9j\u00e0 \u00e9dit\u00e9es pendant la guerre. Pour autant, les ruines mat\u00e9rielles restent bien physiquement pr\u00e9sentes dans les r\u00e9gions d\u00e9vast\u00e9es et il faudra attendre parfois 10 ans pour que celles-ci s\u2019effacent progressivement des paysages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ann\u00e9e 1921 correspond \u00e9galement \u00e0 la fin de l\u2019h\u00e9ro\u00efsation des ruines. L\u2019assimilation des ruines \u00e0 des corps bless\u00e9s, proc\u00e9d\u00e9 de personnification qui permettait d\u2019\u00e9voquer la souffrance des soldats pendant la guerre, s\u2019estompe alors. La d\u00e9nonciation des destructions se poursuit cependant localement bien apr\u00e8s la signature du trait\u00e9 de Versailles.<\/p>\n<p class=\"jetpack-slideshow-noscript robots-nocontent\">Ce diaporama n\u00e9cessite JavaScript.<\/p><div id=\"gallery-4322-1-slideshow\" class=\"slideshow-window jetpack-slideshow slideshow-black\" data-trans=\"fade\" data-autostart=\"1\" data-gallery=\"[{&quot;src&quot;:&quot;http:\\\/\\\/sourcesdelagrandeguerre.fr\\\/WordPress3\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2016\\\/01\\\/Senlis-maison-incendi\\u00e9e-par-les-Allemands-1914.jpeg&quot;,&quot;id&quot;:&quot;4347&quot;,&quot;title&quot;:&quot;Senlis, maison incendi\\u00e9e par les Allemands 1914&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;Senlis, maison incendi\\u00e9e par les Allemands 1914&quot;,&quot;itemprop&quot;:&quot;image&quot;},{&quot;src&quot;:&quot;http:\\\/\\\/sourcesdelagrandeguerre.fr\\\/WordPress3\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2016\\\/01\\\/Lassigny-Oise-1917.jpeg&quot;,&quot;id&quot;:&quot;4346&quot;,&quot;title&quot;:&quot;Lassigny Oise 1917&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;Lassigny Oise 1917, Gallica&quot;,&quot;itemprop&quot;:&quot;image&quot;},{&quot;src&quot;:&quot;http:\\\/\\\/sourcesdelagrandeguerre.fr\\\/WordPress3\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2016\\\/01\\\/28-12-19-voyage-pr\\u00e9sidentiel-remise-de-la-Croix-de-guerre-et-L\\u00e9gion-dhonneur-\\u00e0-la-ville-dArras-la-foule-dans-une-ville-en-ruines-photographie-de-presse-Agence-Rol.jpeg&quot;,&quot;id&quot;:&quot;4339&quot;,&quot;title&quot;:&quot;Titre par d\\u00e9faut&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;28 d\\u00e9cembre 1919 : voyage pr\\u00e9sidentiel et remise de la Croix de guerre et de la L\\u00e9gion d\\u0026rsquo;honneur \\u00e0 la ville d\\u0026rsquo;Arras [Agence Rol, Gallica]&quot;,&quot;itemprop&quot;:&quot;image&quot;},{&quot;src&quot;:&quot;http:\\\/\\\/sourcesdelagrandeguerre.fr\\\/WordPress3\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2016\\\/01\\\/Ruines-de-l\\u00e9glise-dAmpfersbach-Alsace-1916.-Photographie-de-presse-agence-Rol-Gallica.jpeg&quot;,&quot;id&quot;:&quot;4351&quot;,&quot;title&quot;:&quot;Ruines de l\\u0026rsquo;\\u00e9glise d\\u0026rsquo;Ampfersbach (Alsace), 1916. 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Chercheure-partenaire au\u00a0SIRICE (Sorbonne-Identit\u00e9s, relations internationales et civilisations de l&rsquo;Europe), UMR 8138, Emmanuelle Danchin a publi\u00e9\u00a0Le temps des ruines (1914-1921) aux Presses universitaires de Rennes en 2015. Nous lui avons pos\u00e9 quelques questions pour mieux conna\u00eetre les mat\u00e9riaux qui ont nourri son beau travail historique. Ses r\u00e9ponses tr\u00e8s fournies nous renseignent \u00e9galement sur le travail de documentation, d&rsquo;\u00e9valuation, de s\u00e9lection, d&rsquo;analyse et de contextualisation des sources. Quelle distinction faites-vous entre \u00ab\u00a0ruine\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0ruine de guerre\u00a0\u00bb ? La \u00ab\u00a0ruine\u00a0\u00bb n\u2019est pas une \u00ab\u00a0ruine de guerre\u00a0\u00bb et il faut op\u00e9rer une distinction entre l\u2019une et l\u2019autre car les temporalit\u00e9s ne sont pas les m\u00eames et les repr\u00e9sentations iconographiques qui en d\u00e9coulent non plus. La \u00ab\u00a0ruine\u00a0\u00bb, en effet, proc\u00e8de de l\u2019usure du temps, elle est le fruit de la lente d\u00e9sagr\u00e9gation des mat\u00e9riaux. Elle t\u00e9moigne d\u2019un pass\u00e9 et fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une temporalit\u00e9, celle du temps long. Il s\u2019agit d\u2019une ruine ornementale, envahie&#8230;<\/p>\n<div class=\"sharedaddy sd-sharing-enabled\"><div class=\"robots-nocontent sd-block sd-social sd-social-icon sd-sharing\"><h3 class=\"sd-title\">Partager\u00a0:<\/h3><div class=\"sd-content\"><ul><li class=\"share-email\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"\" class=\"share-email sd-button share-icon no-text\" href=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4322&amp;share=email\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour envoyer par e-mail \u00e0 un ami\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour envoyer par e-mail \u00e0 un ami(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-facebook\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"sharing-facebook-4322\" class=\"share-facebook sd-button share-icon no-text\" href=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4322&amp;share=facebook\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour partager sur Facebook\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-twitter\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"sharing-twitter-4322\" class=\"share-twitter sd-button share-icon no-text\" href=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4322&amp;share=twitter\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour partager sur Twitter\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-linkedin\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"sharing-linkedin-4322\" class=\"share-linkedin sd-button share-icon no-text\" href=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4322&amp;share=linkedin\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour partager sur LinkedIn\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-print\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"\" class=\"share-print sd-button share-icon no-text\" href=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4322\" target=\"_blank\" title=\"Cliquer pour imprimer\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquer pour imprimer(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-end\"><\/li><\/ul><\/div><\/div><\/div>","protected":false},"author":1,"featured_media":4330,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"spay_email":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[311,35,24],"tags":[308,309,307],"jetpack_featured_media_url":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/1444050101.jpg","jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2bYSy-17I","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4322"}],"collection":[{"href":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4322"}],"version-history":[{"count":17,"href":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4322\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4353,"href":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4322\/revisions\/4353"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4330"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4322"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4322"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4322"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}