{"id":4721,"date":"2016-10-09T21:38:10","date_gmt":"2016-10-09T19:38:10","guid":{"rendered":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4721"},"modified":"2017-01-10T21:59:19","modified_gmt":"2017-01-10T20:59:19","slug":"des-diplomes-au-service-du-renseignement-pendant-la-grande-guerre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4721","title":{"rendered":"Des dipl\u00f4m\u00e9s au service du renseignement pendant la Grande Guerre"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/bandeau-B5.jpg\"><img data-attachment-id=\"4738\" data-permalink=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?attachment_id=4738\" data-orig-file=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/bandeau-B5.jpg\" data-orig-size=\"1448,206\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"bandeau-b5\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/bandeau-B5-300x43.jpg\" data-large-file=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/bandeau-B5-1024x146.jpg\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-4738 aligncenter\" src=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/bandeau-B5-1024x146.jpg\" alt=\"bandeau-b5\" width=\"675\" height=\"96\" srcset=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/bandeau-B5-1024x146.jpg 1024w, https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/bandeau-B5-300x43.jpg 300w, https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/bandeau-B5-768x109.jpg 768w, https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/bandeau-B5.jpg 1448w\" sizes=\"(max-width: 675px) 100vw, 675px\" \/><\/a>Depuis plusieurs mois, la presse se fait l&rsquo;\u00e9cho de l&rsquo;\u00e9largissement du recrutement par les <strong>services du renseignement<\/strong> en France. Constatant qu&rsquo;on se tourne vers <a href=\"https:\/\/www.franceinter.fr\/societe\/secrets-d-info\">\u00ab\u00a0les plus prestigieuses \u00e9coles du pays\u00a0\u00bb (France Inter, 6 octobre 2016), <\/a>des journalistes parlent d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne nouveau. Pourtant le recrutement de dipl\u00f4m\u00e9s au profit des services de renseignements, en particulier militaires, n&rsquo;a rien de neuf. Je me suis beaucoup int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale sur ce sujet (1) : j&rsquo;en livre ici une petite synth\u00e8se, qui permet de mettre en perspective ce ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, l&rsquo;arm\u00e9e emploie d\u00e9j\u00e0 des universitaires et des hauts dipl\u00f4m\u00e9s au profit de ses services de renseignement. La guerre ne fait qu&rsquo;accro\u00eetre ce type de recrutement. Entre 1914 et 1918, plusieurs milliers d&rsquo;agr\u00e9g\u00e9s, de polytechniciens, de normaliens, d&rsquo;ing\u00e9nieurs, de centraliens servent, en qualit\u00e9 d&rsquo;officiers de r\u00e9serve, dans tous les services de renseignements d\u00e9pendant du d\u00e9partement de la Guerre. C&rsquo;est au 5e bureau que ce type de recrutement est le plus perceptible. Pour comprendre comment s&rsquo;op\u00e8re les recrutements, les dossiers de carri\u00e8re militaires et civils sont d&rsquo;excellentes sources.<strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>Le 5e bureau : un bureau taill\u00e9 pour les dipl\u00f4m\u00e9s<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En pr\u00e9ambule, une courte pr\u00e9sentation du <strong>5e bureau<\/strong> s&rsquo;impose. Le 5<sup>e<\/sup> bureau de l&rsquo;EMA est cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019initiative du g\u00e9n\u00e9ral Gallieni, ministre de la Guerre, le 2 d\u00e9cembre 1915. Fait unique et non pr\u00e9vu par les textes, deux organismes de renseignements cohabitent \u00e0 l\u2019EMA jusqu\u2019en 1917\u00a0: les 2<sup>e<\/sup> et 5<sup>e<\/sup> bureaux (\u00e0 ne pas confondre avec le 2e bureau du grand quartier g\u00e9n\u00e9ral). En cr\u00e9ant le 5e bureau, le ministre de la Guerre fusionne sous une m\u00eame autorit\u00e9 des sections d\u00e9pendant d&rsquo;autorit\u00e9s diff\u00e9rentes, dont la coop\u00e9ration s&rsquo;av\u00e9rait peu efficace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Baptis\u00e9 \u00ab\u00a0Informations et propagande\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0B5\u00a0\u00bb est structur\u00e9 autour d\u2019une direction sous laquelle viennent se greffer des sections d\u00e9j\u00e0 existantes, qui sont d\u00e9tach\u00e9es du 2<sup>e<\/sup> bureau de l\u2019EMA\u00a0(le service de renseignement, la section de centralisation des renseignements, le service de propagande a\u00e9rienne et le bureau interalli\u00e9) et du cabinet du ministre de la Guerre (la section de contr\u00f4le t\u00e9l\u00e9graphique et la section de recherche de renseignement et d\u2019\u00e9tude de la presse \u00e9trang\u00e8re). La section de contr\u00f4le t\u00e9l\u00e9graphique constitue le c\u0153ur du 5<sup>e<\/sup> bureau\u00a0puisque l\u2019ensemble des flux convergent vers elle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces sections sont charg\u00e9es de mener des activit\u00e9s d\u2019espionnage, de d\u00e9velopper la lutte sur les terrains \u00e9conomique, financier, moral et social, de lutter contre la contrebande de guerre, d\u2019organiser la propagande, de multiplier les moyens de communication, chez les bellig\u00e9rants et chez les neutres (Espagne, Pays scandinaves, Suisse, Espagne, continent am\u00e9ricain&#8230;) et d\u2019\u00e9tablir une collaboration interalli\u00e9e dans le domaine du renseignement. Il faut des sp\u00e9cialistes et des professionnels pour armer ces postes or le minist\u00e8re de la Guerre ne poss\u00e8de pas la ressource : il puise donc dans la soci\u00e9t\u00e9 civile pour recruter des r\u00e9servistes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Des officiers de r\u00e9serve d\u00e9j\u00e0 form\u00e9s<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces hommes offrent deux avantages : ils ont \u00e9t\u00e9 militairement instruits (au cours du service militaire pendant deux ou trois ans), ils ont pour la plupart de beaux titres de guerre (avant de rejoindre le 5e bureau, ils sont au front !) et\u00a0 ils poss\u00e8dent une solide formation acad\u00e9mique acquise dans les grandes \u00e9coles et universit\u00e9s de la R\u00e9publique. En janvier 1916, moins d\u2019un mois apr\u00e8s sa cr\u00e9ation, le 5<sup>e<\/sup> bureau est compos\u00e9 de 223 officiers, sous-officiers, militaires du rang et civils. Les officiers se r\u00e9partissent en deux groupes : les r\u00e9servistes, plus nombreux et tr\u00e8s sp\u00e9cialis\u00e9s, et les officiers de carri\u00e8re qui occupent essentiellement des postes de direction. Le minist\u00e8re de la Guerre trouve chez les officiers de r\u00e9serve les comp\u00e9tences qu&rsquo;il recherche ; cependant, pour assurer l\u2019encadrement, il s\u2019appuie sur des officiers de carri\u00e8re ob\u00e9issants et connaissant mieux les rouages de l\u2019administration militaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les officiers du 5<sup>e<\/sup> bureau ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s dans les grandes \u00e9coles de la R\u00e9publique (70 %) ou \u00e0 l\u2019universit\u00e9 (30 %). Ils ont \u00e9galement suivi des formations diverses.<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Les officiers de carri\u00e8re sortent des grandes \u00e9coles militaires (principalement Saint-Cyr au 5<sup>e<\/sup> bureau) et sont dipl\u00f4m\u00e9s de L\u2019\u00c9cole sup\u00e9rieure de Guerre.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Les normaliens : 30 % de l\u2019effectif officier sont issus de l\u2019\u00c9cole normale sup\u00e9rieure (sans compter les militaires du rang). Ils sont agr\u00e9g\u00e9s, le plus souvent en langue (allemand, anglais, italien).<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Les universitaires forment un groupe plus modeste. Ils sortent des facult\u00e9s de lettres et de langues et ils sont \u00e9galement agr\u00e9g\u00e9s. Quelques historiens, juristes de haut niveau, un \u00e9conomiste et quelques scientifiques compl\u00e8tent ce tableau.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Enfin, \u00e0 la marge, quelques individus sont sortis des Beaux-Arts, des \u00e9coles de commerce, de l\u2019\u00c9cole sup\u00e9rieure d\u2019agriculture de Montpellier, de Centrale, de l\u2019\u00c9cole sup\u00e9rieure de physique et de chimie industrielle et de l\u2019\u00c9cole de tissage et de filature.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces hommes appartiennent \u00e0 l&rsquo;\u00e9lite de leur discipline ou sp\u00e9cialit\u00e9. Les notations contenues dans les dossiers de carri\u00e8re exposent clairement les conditions requises pour le recrutement dans les services : la formation, les connaissances, la rigueur dans le travail, la capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9diger, \u00e0 nuancer et \u00e0 synth\u00e9tiser. Ainsi, les linguistes sont employ\u00e9s \u00e0 la lecture et \u00e0 la traduction de la presse \u00e9trang\u00e8re\u00a0; les historiens r\u00e9digent des synth\u00e8ses au profit de la direction\u00a0; les hauts fonctionnaires, les cadres et dirigeants de banques et d\u2019entreprises (industrie, presse, assurance) sont affect\u00e9s \u00e0 la section de contr\u00f4le\u00a0t\u00e9l\u00e9graphique ; les juristes sont recrut\u00e9s \u00e0 la section de centralisation des renseignements.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autres crit\u00e8res favorables : le capital social h\u00e9rit\u00e9 ou construit (r\u00e9seaux de sociabilit\u00e9, familiaux et relations personnelles) en France et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, l&rsquo;exp\u00e9rience du monde des affaires et la connaissance du monde (par les voyages), la ma\u00eetrise d&rsquo;une langue \u00e9trang\u00e8re. Les langues allemandes, anglaise, italienne et russe sont\u00a0 tr\u00e8s pris\u00e9es. Mais en 1916, le 5e bureau recrute \u00e9galement des locuteurs en quechua ou en celte !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Des modes de recrutement divers<br \/>\n<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un grand soin est apport\u00e9 au recrutement. Une enqu\u00eate minutieuse pr\u00e9c\u00e8de chaque affectation. La discr\u00e9tion, l&rsquo;intelligence et l&rsquo;exp\u00e9rience sont les principales qualit\u00e9s requises. Le 5e bureau dispose de plusieurs moyens pour recruter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il sollicite les grandes \u00e9coles, les institutions, les revues et les \u00e9diteurs. Ces derniers doivent fournir au minist\u00e8re de la Guerre des fiches de renseignements sur des anciens \u00e9l\u00e8ves, des contributeurs, des traducteurs, des correcteurs, etc. Certains \u00e9tablissements font \u00e9galement office de centre de recrutement, telle L\u2019\u00c9cole normale sup\u00e9rieure, avec laquelle le minist\u00e8re de la Guerre entretient des relations \u00e9troites d\u00e8s avant la guerre (<a href=\"https:\/\/rha.revues.org\/1823\">Des normaliens dans les services de renseignement du minist\u00e8re de la Guerre<\/a>). Le 5e bureau prend r\u00e9guli\u00e8rement des renseignements rue d\u2019Ulm sur les officiers en convalescence susceptibles d\u2019\u00eatre recrut\u00e9s. C&rsquo;est ainsi que celui qui deviendra l&rsquo;un des p\u00e8res de la propagande a\u00e9rienne, <a href=\"http:\/\/www.persee.fr\/doc\/polit_0032-342x_1949_num_14_1_2831\">Ernest Tonnelat<\/a>, rejoint l&rsquo;EMA en ao\u00fbt 1915. Mais l&rsquo;\u00e9cole joue un r\u00f4le plus actif. Connaissant bien ses \u00e9l\u00e8ves, elle proc\u00e8de \u00e0 une s\u00e9lection et se charge elle-m\u00eame du recrutement afin de mieux r\u00e9pondre aux besoins du 5e bureau. En f\u00e9vrier\u00a01916, le lieutenant Emilio Pagliano, attach\u00e9 \u00e0 l\u2019ambassade d\u2019Italie \u00e0 Paris, \u00e9voque ce mode op\u00e9ratoire dans son rapport sur la Maison de la Presse destin\u00e9 \u00e0 sa hi\u00e9rarchie : \u00ab\u00a0<em>Le personnel d\u2019\u00e9tude est compos\u00e9 d\u2019officiers bless\u00e9s, d\u2019interpr\u00e8tes et d\u2019hommes de troupe du service auxiliaire\u00a0; les deux tiers sont membres de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur ou secondaire. Pour le recrutement de ce personnel, le chef de bureau s\u2019adresse \u00e0 l\u2019\u00c9cole normale sup\u00e9rieure, qui lui indique ses anciens \u00e9l\u00e8ves bless\u00e9s\u00a0; la direction de l\u2019infanterie les met ensuite \u00e0 la disposition du bureau pour une p\u00e9riode de deux, trois mois (renouvelables), \u00e0 moins qu\u2019ils soient d\u00e9clar\u00e9s d\u00e9finitivement impropres \u00e0 faire campagne, auquel cas ils sont attach\u00e9s d\u00e9finitivement au bureau<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour r\u00e9pondre aux besoins les plus urgents, le 5e bureau n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 effectuer des demandes nominatives tr\u00e8s pr\u00e9cises. Par exemple, en juin 1916, la section de contr\u00f4le (future section \u00e9conomique) cherche un ing\u00e9nieur sp\u00e9cialiste des questions industrielles et veut obtenir l&rsquo;affectation de Louis Descroix. Ce polytechnicien (X1893), officier d\u2019artillerie d\u00e9missionnaire en 1900, est ing\u00e9nieur conseil et l\u2019un des collaborateurs d\u2019Henry Le Chatelier (1850-1936), professeur au Coll\u00e8ge de France et \u00e0 l\u2019\u00c9cole des mines et fondateur de la Revue de m\u00e9tallurgie. Le Chatelier pr\u00e9face notamment l\u2019ouvrage de Frederick Winslow Taylor, <em>La direction des ateliers<\/em>, que Louis Descroix traduit en 1907. Avant la guerre, ce polyglotte (allemand, anglais, espagnol, italien, portugais, hollandais et russe) est aussi directeur administratif de la <em>Revue de m\u00e9tallurgie<\/em>. Il est l\u2019un des grands sp\u00e9cialistes de la m\u00e9tallurgie en France. Pourtant, \u00e0 la mobilisation il commande une section de munitions d\u2019un r\u00e9giment d\u2019artillerie au front. Le 5e bureau effectue une demande par voie hi\u00e9rarchique et obtient l&rsquo;affectation de Louis Descroix en juin 1916. Celui-ci dirige les recherches et coordonne l\u2019ensemble des renseignements relatifs aux industries des Empires centraux. Il produit\u00a0 \u00e9galement une s\u00e9rie de travaux sur les fabrications de guerre en Allemagne et en Autriche. Pour la premi\u00e8re fois, il permet d\u2019appr\u00e9cier, \u00e0 partir de donn\u00e9es indiscutables, l\u2019importance et les limites de la puissance de la sid\u00e9rurgie allemande. Grand connaisseur de l\u2019industrie allemande, il \u00e9tablit les plans de bombardement des usines de m\u00e9tallurgie de Lorraine et de Luxembourg pour l\u2019aviation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les officiers recrut\u00e9s au 5e bureau de l&rsquo;EMA ne sont pas des embusqu\u00e9s. Inaptes au front en raison des blessures qu&rsquo;ils y ont re\u00e7ues, ces dipl\u00f4m\u00e9s affect\u00e9s dans les services de renseignement militaire montrent aussi combien l\u2019\u00c9tat s&rsquo;est appuy\u00e9 sur les \u00e9lites qu&rsquo;il a contribu\u00e9 \u00e0 former. C&rsquo;est une sp\u00e9cificit\u00e9 du renseignement fran\u00e7ais pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale. On voit \u00e9galement \u00e0 travers cet exemple les liens \u00e9troits qui unissaient jadis l&rsquo;universit\u00e9, les grandes \u00e9coles et l&rsquo;arm\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(1) C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;un des points abord\u00e9s dans ma th\u00e8se en 2009 et le th\u00e8me d&rsquo;une conf\u00e9rence prononc\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00c9cole militaire \u00e0 l&rsquo;occasion du colloque \u00ab\u00a0Espionnage et renseignement pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale\u00a0\u00bb et organis\u00e9 par l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.academie-renseignement.gouv.fr\/\">Acad\u00e9mie du renseignement <\/a>et la DMPA\u00a0 en 2014 (<a href=\"http:\/\/enenvor.fr\/eeo_actu\/colloquebzh_14\/espionnage_et_renseignement_dans_la_premiere_guerre_mondiale.html\">voir le compte rendu sur En Envor<\/a>).<\/p>\n<div class=\"sharedaddy sd-sharing-enabled\"><div class=\"robots-nocontent sd-block sd-social sd-social-icon sd-sharing\"><h3 class=\"sd-title\">Partager\u00a0:<\/h3><div class=\"sd-content\"><ul><li class=\"share-email\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"\" class=\"share-email sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4721&amp;share=email\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour envoyer par e-mail \u00e0 un ami\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour envoyer par e-mail \u00e0 un ami(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-facebook\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"sharing-facebook-4721\" class=\"share-facebook sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4721&amp;share=facebook\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour partager sur Facebook\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-twitter\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"sharing-twitter-4721\" class=\"share-twitter sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4721&amp;share=twitter\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour partager sur Twitter\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-linkedin\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"sharing-linkedin-4721\" class=\"share-linkedin sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4721&amp;share=linkedin\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour partager sur LinkedIn\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-print\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"\" class=\"share-print sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4721\" target=\"_blank\" title=\"Cliquer pour imprimer\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquer pour imprimer(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-end\"><\/li><\/ul><\/div><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis plusieurs mois, la presse se fait l&rsquo;\u00e9cho de l&rsquo;\u00e9largissement du recrutement par les services du renseignement en France. Constatant qu&rsquo;on se tourne vers \u00ab\u00a0les plus prestigieuses \u00e9coles du pays\u00a0\u00bb (France Inter, 6 octobre 2016), des journalistes parlent d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne nouveau. Pourtant le recrutement de dipl\u00f4m\u00e9s au profit des services de renseignements, en particulier militaires, n&rsquo;a rien de neuf. Je me suis beaucoup int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale sur ce sujet (1) : j&rsquo;en livre ici une petite synth\u00e8se, qui permet de mettre en perspective ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Avant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, l&rsquo;arm\u00e9e emploie d\u00e9j\u00e0 des universitaires et des hauts dipl\u00f4m\u00e9s au profit de ses services de renseignement. La guerre ne fait qu&rsquo;accro\u00eetre ce type de recrutement. Entre 1914 et 1918, plusieurs milliers d&rsquo;agr\u00e9g\u00e9s, de polytechniciens, de normaliens, d&rsquo;ing\u00e9nieurs, de centraliens servent, en qualit\u00e9 d&rsquo;officiers de r\u00e9serve, dans tous les services de renseignements d\u00e9pendant du d\u00e9partement de la Guerre. C&rsquo;est au 5e bureau que ce type de recrutement est le plus perceptible. Pour comprendre comment s&rsquo;op\u00e8re les recrutements, les dossiers de carri\u00e8re militaires et civils sont d&rsquo;excellentes sources. Le 5e bureau : un bureau taill\u00e9 pour les dipl\u00f4m\u00e9s En pr\u00e9ambule, une courte pr\u00e9sentation du&#8230;<\/p>\n<div class=\"sharedaddy sd-sharing-enabled\"><div class=\"robots-nocontent sd-block sd-social sd-social-icon sd-sharing\"><h3 class=\"sd-title\">Partager\u00a0:<\/h3><div class=\"sd-content\"><ul><li class=\"share-email\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"\" class=\"share-email sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4721&amp;share=email\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour envoyer par e-mail \u00e0 un ami\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour envoyer par e-mail \u00e0 un ami(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-facebook\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"sharing-facebook-4721\" class=\"share-facebook sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4721&amp;share=facebook\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour partager sur Facebook\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-twitter\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"sharing-twitter-4721\" class=\"share-twitter sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4721&amp;share=twitter\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour partager sur Twitter\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-linkedin\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"sharing-linkedin-4721\" class=\"share-linkedin sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4721&amp;share=linkedin\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour partager sur LinkedIn\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-print\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"\" class=\"share-print sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=4721\" target=\"_blank\" title=\"Cliquer pour imprimer\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquer pour imprimer(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-end\"><\/li><\/ul><\/div><\/div><\/div>","protected":false},"author":1,"featured_media":4738,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"spay_email":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[24],"tags":[322,330,319],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/bandeau-B5.jpg","jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2bYSy-1e9","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4721"}],"collection":[{"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4721"}],"version-history":[{"count":18,"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4721\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4741,"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4721\/revisions\/4741"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4738"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4721"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4721"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4721"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}