{"id":5358,"date":"2018-03-01T21:03:19","date_gmt":"2018-03-01T20:03:19","guid":{"rendered":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=5358"},"modified":"2020-11-30T22:20:56","modified_gmt":"2020-11-30T21:20:56","slug":"bien-sinstruire-pour-mieux-servir-la-formation-militaire-au-debut-du-xxe-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=5358","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Bien s&rsquo;instruire pour mieux servir\u00a0\u00bb : la formation militaire au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_5360\" style=\"width: 1619px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5360\" data-attachment-id=\"5360\" data-permalink=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?attachment_id=5360\" data-orig-file=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Ecoles-militaires-pr\u00e9paratoires.jpg\" data-orig-size=\"1609,1001\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1519721595&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"Ecoles militaires pr\u00e9paratoires\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Les Enfants de troupe dans une \u00e9cole militaire pr\u00e9paratoire&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Ecoles-militaires-pr\u00e9paratoires-300x187.jpg\" data-large-file=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Ecoles-militaires-pr\u00e9paratoires-1024x637.jpg\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-5360\" src=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Ecoles-militaires-pr\u00e9paratoires.jpg\" alt=\"\" width=\"1609\" height=\"1001\" srcset=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Ecoles-militaires-pr\u00e9paratoires.jpg 1609w, https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Ecoles-militaires-pr\u00e9paratoires-300x187.jpg 300w, https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Ecoles-militaires-pr\u00e9paratoires-768x478.jpg 768w, https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Ecoles-militaires-pr\u00e9paratoires-1024x637.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 1609px) 100vw, 1609px\" \/><p id=\"caption-attachment-5360\" class=\"wp-caption-text\">Les Enfants de troupe dans une \u00e9cole militaire pr\u00e9paratoire<\/dd>\n<p><\/p>\n<dd><\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La d\u00e9faite de 1871 provoque une prise de conscience, chez le pouvoir politique et l\u2019autorit\u00e9 militaire, de la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9former l\u2019arm\u00e9e. Tout comme <a href=\"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=5343\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">le recrutement (voir le billet pr\u00e9c\u00e9dent)<\/a> ou l\u2019organisation de l\u2019arm\u00e9e, la <strong>formation des militaires<\/strong> devient une priorit\u00e9. De plus, au tournant des XIX<sup>e<\/sup> et XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cles, l&rsquo;institution militaire ne peut pas rester \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart du mouvement de scolarisation qui touche la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise. Progressivement, les officiers se passionnent pour les \u00e9tudes et le travail intellectuel, une sorte d&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or pour de nombreux militaires aujourd&rsquo;hui. Officiers et surtout sous-officiers deviennent les chevilles ouvri\u00e8res de l&rsquo;instruction dans les arm\u00e9es. Ainsi \u00e0 la veille de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, les cadres sont non seulement instruits et form\u00e9s pour commander au feu mais aussi pour pr\u00e9parer des millions de Fran\u00e7ais \u00e0 combattre.<\/p>\n<p><strong><u>I \/ Avant les obligations militaires<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La formation militaire des Fran\u00e7ais commence bien avant les obligations militaires. D\u00e8s leur plus jeune \u00e2ge \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire, les jeunes Fran\u00e7ais sont pr\u00e9par\u00e9s mentalement et physiquement \u00e0 l\u2019id\u00e9e de servir militairement le pays. Par exemple, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1880, des cours de gymnastique et d\u2019exercices militaires pour les gar\u00e7ons sont inscrits au programme des \u00e9coles primaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De nombreux fils de militaires, parfois tr\u00e8s jeunes, int\u00e8grent l&rsquo;une des six \u00e9coles militaires pr\u00e9paratoires. Dans ces \u00e9tablissements, l\u2019instruction acad\u00e9mique et physique des enfants de troupe est assur\u00e9e par l\u2019arm\u00e9e. Ils re\u00e7oivent aux frais de l\u2019\u00c9tat, une instruction et une \u00e9ducation utiles au pays et \u00e0 son arm\u00e9e. Ceux qui choisissent de s&rsquo;engager dans les arm\u00e9es, le passage chez les enfants de troupe forge les caract\u00e8res d\u2019hommes qui deviennent des soldats et des sous-officiers rigoureux, disciplin\u00e9s et endurants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, les classes pr\u00e9paratoires (les \u00ab\u00a0corniches\u00a0\u00bb) au lyc\u00e9e ou dans l\u2019enseignement religieux (par exemple l\u2019\u00c9cole Saint-Genevi\u00e8ve de la rue des Postes \u00e0 Paris) permettent \u00e0 des jeunes hommes de pr\u00e9parer les concours d\u2019entr\u00e9e aux grandes \u00e9coles militaires (Saint-Cyr, Polytechnique, m\u00e9decine militaire, Navale). Le prytan\u00e9e militaire reste une exception puisque l&rsquo;enseignement est d\u00e9livr\u00e9 d\u2019apr\u00e8s les programmes universitaires, mais les <em>brutions<\/em> (surnom attribu\u00e9 aux \u00e9l\u00e8ves et anciens \u00e9l\u00e8ves du Prytan\u00e9e militaire de La Fl\u00e8che) sont soumis \u00e0 un r\u00e9gime de discipline et d\u2019entra\u00eenement militaires.<\/p>\n<p><strong><u>II\/ La formation de la troupe pendant le service militaire actif<br \/>\n<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant, pour la majorit\u00e9 des Fran\u00e7ais, la v\u00e9ritable formation militaire commence avec l\u2019incorporation dans un r\u00e9giment au moment du fameux service militaire. L\u2019instruction des militaires du rang se fait dans la caserne, o\u00f9 les conditions de vie sont tr\u00e8s difficiles. En moyenne, les conscrits effectuent six \u00e0 huit heures d\u2019exercices par jour, en plus des corv\u00e9es. Le but de cette instruction, codifi\u00e9e par des textes r\u00e9glementaires, est d\u2019abord de pr\u00e9parer individuellement puis collectivement les recrues \u00e0 man\u0153uvrer et \u00e0 combattre. Dans les unit\u00e9s, les soldats apprennent les grades et les nombreux commandements.\u00a0 La troupe apprend tous les aspects du m\u00e9tier militaire gr\u00e2ce \u00e0 des m\u00e9thodes d&rsquo;enseignement appel\u00e9es aussi \u00e9coles qui comprennent diff\u00e9rents niveau (\u00e9coles du soldat, de la section, de la compagnie, du bataillon). Les exercices physiques constituent le socle de l\u2019instruction militaire d\u2019un soldat. Le conscrit re\u00e7oit une \u00e9ducation physique \u00e0 base de gymnastique, de tir et de marches, tr\u00e8s nombreuses. Il participe aux man\u0153uvres (service en campagne) et effectue des travaux avec sa compagnie. Les exercices intellectuels ne sont pas absents de la formation du soldat. Il suit des cours th\u00e9oriques sur les man\u0153uvres ou l\u2019armement. Il assiste \u00e0 des repr\u00e9sentations th\u00e9\u00e2trales et \u00e0 des conf\u00e9rences sur divers sujets (relations internationales, histoire, litt\u00e9rature, etc.), qui sont donn\u00e9es par les officiers du r\u00e9giment. Enfin, pour renforcer l\u2019esprit de corps dans les unit\u00e9s, une salle d\u2019honneur est install\u00e9e dans chaque r\u00e9giment d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1880. Ce \u00ab\u00a0mus\u00e9e \u00e9ducatif\u00a0\u00bb permet de mettre en valeur les traditions, l\u2019histoire, les morts du r\u00e9giment sur fond de lien entre l\u2019arm\u00e9e, la Nation et la R\u00e9publique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les conscrits \u00e9duqu\u00e9s et qui s\u2019illustrent au cours de leur formation militaire initiale ont la possibilit\u00e9 de devenir caporal puis sous-officier, apr\u00e8s plusieurs mois de service. Avant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, les sous-officiers de m\u00e9tier, engag\u00e9s, rengag\u00e9s et appel\u00e9s sont form\u00e9s, sur le tas, pour assurer le service int\u00e9rieur d\u2019une unit\u00e9 et pour commander des hommes au combat. Toutefois, le corps des sous-officiers se caract\u00e9rise par sa mauvaise r\u00e9putation (alcoolisme, brutalit\u00e9s, etc.) et la m\u00e9diocrit\u00e9 de la formation de ses membres. Pourtant, les sous-officiers constituent la colonne vert\u00e9brale de l\u2019arm\u00e9e. Il jouent un tr\u00e8s grand r\u00f4le dans l\u2019instruction puisqu\u2019il assure le \u00ab\u00a0dressage\u00a0\u00bb des soldats, forment les soldats \u00e9l\u00e8ves-caporaux, les caporaux \u00e9l\u00e8ves-sergents et les candidats pour officiers de r\u00e9serve. Toutefois, les meilleurs sous-officiers peuvent int\u00e9grer le corps des officiers \u00e0 condition de r\u00e9ussir le concours dans une \u00e9cole militaire d\u2019armes. Pendant plusieurs mois, ils suivent des cours pr\u00e9paratoires organis\u00e9s au sein des unit\u00e9s. Les \u00e9preuves du concours portent sur un programme fond\u00e9 sur celui de l\u2019enseignement primaire sup\u00e9rieur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la Marine, l&rsquo;inscription maritime n&rsquo;est plus adapt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution technique de la flotte. Une partie des inscrits maritimes ne poss\u00e8dent pas les connaissances techniques ni l&rsquo;instruction pour les acqu\u00e9rir. Pour surmonter ces difficult\u00e9s de recrutement et de formation, la marine fait appel \u00e0 des conscrits du contingent qui poss\u00e8dent des savoir-faire plus utiles \u00e0 la Royal qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e. En outre, L\u2019\u00c9cole des mousses et apprentis marins de Brest est r\u00e9organis\u00e9e en 1910. Seule L\u2019\u00c9cole des apprentis m\u00e9caniciens, fond\u00e9e \u00e0 Lorient en 1900, ne conna\u00eet pas de difficult\u00e9s de recrutement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans cette organisation, l\u2019officier joue un r\u00f4le fondamental en qualit\u00e9 d&rsquo;instructeur militaire mais aussi d&rsquo;\u00e9ducateur civique. Le commandant Hubert Lyautey d\u00e9veloppe cette id\u00e9e quand il publie \u00ab\u00a0Du r\u00f4le social de l\u2019officier dans le service militaire universel\u00a0\u00bb dans la <em>Revue des Deux mondes<\/em> en 1891.\u00a0 L\u2019officier doit \u00eatre plus souple dans son commandement et il doit se pr\u00e9occuper de l\u2019\u00e9ducation de ses hommes. Il est un \u00e9ducateur qui prolonge, au sein des arm\u00e9es, l\u2019action entreprise par le ma\u00eetre d\u2019\u00e9cole. Progressivement, les officiers sont pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 assurer ce r\u00f4le au cours de leur formation, mais avant m\u00eame la d\u00e9claration de la guerre, le commandement abandonne cette option par manque de temps et d&rsquo;argent. <strong>La mission principale reste l&rsquo;instruction et la pr\u00e9paration des hommes au combat.<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p><strong><u>III\/ La formation des officiers<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s 1871, le corps des officiers est rapidement reconstitu\u00e9. Les r\u00e9formes portent principalement sur le recrutement et la formation des officiers. Les modalit\u00e9s de recrutement se d\u00e9mocratisent et mettent en valeur le travail et le m\u00e9rite. L&rsquo;officier issu du rang et peu instruit c\u00e8de progressivement la place \u00e0 l&rsquo;officier recrut\u00e9 par un concours national et form\u00e9 dans des \u00e9coles sp\u00e9cialis\u00e9es dispensant un enseignement de haut niveau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le recrutement direct concerne les hommes admis par concours dans une \u00e9cole de formation militaire sur la base de l\u2019enseignement secondaire et du baccalaur\u00e9at. \u00c0 la veille de la Grande Guerre, les plus connues sont l\u2019\u00c9cole sp\u00e9ciale militaire de Saint-Cyr (pour l\u2019infanterie et la cavalerie), l\u2019\u00c9cole polytechnique (pour le g\u00e9nie et l\u2019artillerie), l\u2019\u00c9cole navale, l\u2019\u00c9cole du service de sant\u00e9 militaire de Lyon ou encore l\u2019\u00c9cole du service de sant\u00e9 de la Marine. Encadr\u00e9s durement, les recrues, souvent de jeunes aristocrates d\u00e9sargent\u00e9s pour qui l&rsquo;arm\u00e9e reste un refuge ou des fils de la petite bourgeoisie de province, re\u00e7oivent une formation acad\u00e9mique et militaire, propre \u00e0 la formation de l&rsquo;officier fran\u00e7ais. Il r\u00e8gne dans ces \u00e9tablissement un fort esprit de corps, parfois depuis les classes pr\u00e9paratoires, qui r\u00e9sulte des brimades et de l&rsquo;apprentissage d&rsquo;un cadre hi\u00e9rarchique rigide. Enfin, si certains \u00e9l\u00e8ves-officiers m\u00e9prisent toujours la \u00ab\u00a0pompe\u00a0\u00bb (l&rsquo;enseignement acad\u00e9mique), ils sont de plus en plus nombreux \u00e0 comprendre ce que repr\u00e9sente le prestige intellectuel et culturel dans une arm\u00e9e de conscrits. Pendant la guerre, ces officiers assurent la majorit\u00e9 des commandements de bataillons, de r\u00e9giments et des grandes unit\u00e9s (brigades, divisions, corps d&rsquo;arm\u00e9e).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains sous-officiers deviennent officiers apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 re\u00e7us au concours d\u2019entr\u00e9e dans les \u00e9coles militaires d\u2019armes (recrutement indirect). Pendant un an, ils sont form\u00e9s \u00e0 Saint-Maixent pour l\u2019infanterie, \u00e0 Saumur pour la cavalerie, \u00e0 Fontainebleau pour l\u2019artillerie et le train et \u00e0 Versailles pour le g\u00e9nie. Ils suivent des cours d\u2019histoire, de g\u00e9ographie, de topographie, de fortifications, d\u2019artillerie, etc. Cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019origine pour favoriser la promotion de tous les sous-officiers, ce mode de recrutement avantage finalement les sous-officiers qui ont \u00e9chou\u00e9 au concours d\u2019entr\u00e9e des grandes \u00e9coles militaires (et donc les plus instruits). Dans la marine, ce type de formation est plus tardif. Cependant, le manque d\u2019officiers dans l\u2019empire conduit \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un cours pr\u00e9paratoire pour les premiers ma\u00eetres candidats au grade d\u2019enseignes de vaisseaux. De plus, le corps des officiers m\u00e9caniciens (cr\u00e9\u00e9 en 1860) recrute ses membres parmi les officiers mariniers m\u00e9caniciens et les anciens \u00e9l\u00e8ves des \u00e9coles d&rsquo;arts et m\u00e9tiers (Angers, Aix, Ch\u00e2lons). Enfin, les officiers d\u2019administration, souvent issus du corps des sous-officiers, sont form\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00c9cole d\u2019administration militaire de Vincennes. Pour terminer, une minorit\u00e9 de sous-officiers peut acc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;\u00e9paulette \u00e0 l\u2019anciennet\u00e9, sans suivre de formation ainsi que certains \u00e9l\u00e8ves de grandes \u00e9coles et quelques officiers de compl\u00e9ment qui remplissent certaines conditions d\u2019aptitude. Dans la forme, cette formation existe toujours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tous les officiers de l\u2019arm\u00e9e active ont la possibilit\u00e9 d\u2019int\u00e9grer l\u2019\u00c9cole sup\u00e9rieure de guerre. La cr\u00e9ation de cette \u00e9cole en 1875 s\u2019inscrit dans la vague de r\u00e9formes qui consistent \u00e0 instruire les officiers aux techniques d\u2019\u00e9tat-major. Les stagiaires, admis par concours, suivent des cours de strat\u00e9gie, de tactique g\u00e9n\u00e9rale, d\u2019histoire militaire, mais aussi d\u2019\u00e9conomie ou de droit international. Les stagiaires obtiennent un brevet d&rsquo;\u00e9tat-major \u00e0 l&rsquo;issue de la formation et d&rsquo;un examen de fin de scolarit\u00e9. Les officiers brevet\u00e9s constituent une \u00e9lite militaire, minoritaire, destin\u00e9e \u00e0 servir dans les grands \u00e9tats-majors, \u00e0 commander de grandes unit\u00e9s et \u00e0 gagner un jour les \u00e9toiles. L&rsquo;enseignement militaire sup\u00e9rieur comprend aussi le centre des hautes \u00e9tudes militaires, cr\u00e9\u00e9 en 1910, et qui pr\u00e9pare les officiers \u00e0 occuper des fonctions au sein du haut commandement. Dans la marine, cet enseignement est plus difficile \u00e0 mettre en \u0153uvre. En 1895, une \u00e9cole sup\u00e9rieure de la marine est cr\u00e9\u00e9e mais elle est r\u00e9form\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises et devient l&rsquo;Ecole sup\u00e9rieure de la Marine en 1898. Elle est destin\u00e9e \u00e0 pr\u00e9parer les officiers \u00e0 la guerre et les stagiaires admis \u00e0 suivre les cours \u00e9tudient les mat\u00e9riels, les doctrines de guerre navale, la tactique navale, les machines, le fonctionnement des arsenaux, le budget de la marine, l&rsquo;histoire maritime.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, la <strong>loi sur le recrutement de 1905<\/strong> cr\u00e9\u00e9e un cadre d\u2019officiers de compl\u00e9ment (ou de r\u00e9serve). Ce \u00ab\u00a0corps\u00a0\u00bb est ouvert aux anciens cadres de l\u2019arm\u00e9e active, aux engag\u00e9s volontaires dipl\u00f4m\u00e9s et aux \u00e9l\u00e8ves de certaines grandes \u00e9coles civiles. Pour ces-derniers, l&rsquo;accession \u00e0 l\u2019\u00e9paulette se fait apr\u00e8s avoir suivi une instruction militaire dans leur \u00e9cole et r\u00e9ussi un examen. Le corps est aussi ouvert aux autres \u00e9tudiants (les appel\u00e9s dipl\u00f4m\u00e9s). Au cours de la premi\u00e8re ann\u00e9e de service actif, ils doivent passer un concours puis suivre un stage de formation dans une \u00e9cole d\u2019\u00e9l\u00e8ves officiers de r\u00e9serve. Apr\u00e8s le service actif, les officiers de compl\u00e9ment sont oblig\u00e9s d\u2019effectuer des p\u00e9riodes d\u2019instruction (tous les deux ans th\u00e9oriquement).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La diversit\u00e9 des formations contribue \u00e0 expliquer les fortes tensions qui existent entre les diff\u00e9rentes cat\u00e9gories d&rsquo;officiers. Par exemple, les officiers form\u00e9s dans les grandes \u00e9coles militaires sont conscients d&rsquo;appartenir \u00e0 une \u00e9lite et m\u00e9prisent les officiers issus du rang ou les r\u00e9servistes. Ces clivages disparaissent avec la guerre, les r\u00e9servistes et les officiers de l&rsquo;active \u00e9tant employ\u00e9s de la m\u00eame mani\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Pour conclure<br \/>\n<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les quatre ann\u00e9es de guerre mettent entre parenth\u00e8ses la formation des militaires telle qu\u2019elle \u00e9tait organis\u00e9e avant la guerre. Les pertes tr\u00e8s importantes et la n\u00e9cessit\u00e9 de les combler rapidement expliquent l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration du processus de formation des militaires. Le haut commandement s&rsquo;appuie sur une formation sur le tas, acquise au front et uniquement destin\u00e9e au combat. Cependant, au front, l&rsquo;instruction de la troupe se poursuit en arri\u00e8re de la ligne de front tandis que des formations sp\u00e9cifiques et techniques sont d\u00e9velopp\u00e9es \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re (instruction sur les mitrailleuses, les grenades, les avions, les chars, les sous-marins&#8230;). \u00c0 la fin de la guerre, la formation des militaires reste une priorit\u00e9 du commandement, qui tient compte d\u00e9sormais des nouvelles sp\u00e9cificit\u00e9s technique. Il doit aussi veiller \u00e0 la reconstitution de l&rsquo;encadrement, sorti terriblement meurtri du conflit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis les ann\u00e9es 1970 et les travaux entrepris par Serge-William Serman et Jean-Paul Bertaud, la formation des militaires avant et pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale a fait l&rsquo;objet de quelques \u00e9tudes. Parmi les ouvrages g\u00e9n\u00e9raux, celui de Raoul Girardet (<em>La soci\u00e9t\u00e9 militaire de 1815 \u00e0 nos jours<\/em>) propose une \u00e9tude des mentalit\u00e9s et des id\u00e9es de la soci\u00e9t\u00e9 militaire, sans n\u00e9gliger la formation. Si l&rsquo;histoire des grandes \u00e9coles militaires est bien connue aujourd&rsquo;hui, celle de la formation et de l&rsquo;instruction des militaires l&rsquo;est beaucoup moins. Les publications sur l&rsquo;Ecole sp\u00e9ciale militaire de Saint-Cyr ou encore l&rsquo;Ecole Polytechnique sont abondantes, mais des \u00e9tudes r\u00e9centes sur les \u00e9coles militaires d&rsquo;arme ou la formation des officiers de compl\u00e9ment manquent dans l&rsquo;historiographie. La formation th\u00e9orique des militaires a fait l&rsquo;objet de plusieurs travaux parmi lesquels ceux d&rsquo;Annie Cr\u00e9pin (<em>Histoire de la conscription<\/em>) et d&rsquo;Odile Roynette (<em>Bons pour le service<\/em>), qui int\u00e8grent la formation du conscrit.<\/p>\n<div class=\"sharedaddy sd-sharing-enabled\"><div class=\"robots-nocontent sd-block sd-social sd-social-icon sd-sharing\"><h3 class=\"sd-title\">Partager\u00a0:<\/h3><div class=\"sd-content\"><ul><li class=\"share-email\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"\" class=\"share-email sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=5358&amp;share=email\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour envoyer par e-mail \u00e0 un ami\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour envoyer par e-mail \u00e0 un ami(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-facebook\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"sharing-facebook-5358\" class=\"share-facebook sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=5358&amp;share=facebook\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour partager sur Facebook\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-twitter\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"sharing-twitter-5358\" class=\"share-twitter sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=5358&amp;share=twitter\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour partager sur Twitter\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-linkedin\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"sharing-linkedin-5358\" class=\"share-linkedin sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=5358&amp;share=linkedin\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour partager sur LinkedIn\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-print\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"\" class=\"share-print sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=5358\" target=\"_blank\" title=\"Cliquer pour imprimer\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquer pour imprimer(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-end\"><\/li><\/ul><\/div><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La d\u00e9faite de 1871 provoque une prise de conscience, chez le pouvoir politique et l\u2019autorit\u00e9 militaire, de la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9former l\u2019arm\u00e9e. Tout comme le recrutement (voir le billet pr\u00e9c\u00e9dent) ou l\u2019organisation de l\u2019arm\u00e9e, la formation des militaires devient une priorit\u00e9. De plus, au tournant des XIXe et XXe si\u00e8cles, l&rsquo;institution militaire ne peut pas rester \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart du mouvement de scolarisation qui touche la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise. Progressivement, les officiers se passionnent pour les \u00e9tudes et le travail intellectuel, une sorte d&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or pour de nombreux militaires aujourd&rsquo;hui. Officiers et surtout sous-officiers deviennent les chevilles ouvri\u00e8res de l&rsquo;instruction dans les arm\u00e9es. Ainsi \u00e0 la veille de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, les cadres sont non seulement instruits et form\u00e9s pour commander au feu mais aussi pour pr\u00e9parer des millions de Fran\u00e7ais \u00e0 combattre. I \/ Avant les obligations militaires La formation militaire des Fran\u00e7ais commence bien avant les obligations militaires. D\u00e8s leur plus jeune \u00e2ge \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire, les jeunes Fran\u00e7ais sont pr\u00e9par\u00e9s mentalement et physiquement \u00e0 l\u2019id\u00e9e de servir militairement le pays. Par exemple, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1880, des cours de gymnastique et d\u2019exercices militaires pour les gar\u00e7ons sont inscrits au programme des \u00e9coles primaires. De nombreux fils de&#8230;<\/p>\n<div class=\"sharedaddy sd-sharing-enabled\"><div class=\"robots-nocontent sd-block sd-social sd-social-icon sd-sharing\"><h3 class=\"sd-title\">Partager\u00a0:<\/h3><div class=\"sd-content\"><ul><li class=\"share-email\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"\" class=\"share-email sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=5358&amp;share=email\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour envoyer par e-mail \u00e0 un ami\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour envoyer par e-mail \u00e0 un ami(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-facebook\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"sharing-facebook-5358\" class=\"share-facebook sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=5358&amp;share=facebook\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour partager sur Facebook\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-twitter\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"sharing-twitter-5358\" class=\"share-twitter sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=5358&amp;share=twitter\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour partager sur Twitter\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-linkedin\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"sharing-linkedin-5358\" class=\"share-linkedin sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=5358&amp;share=linkedin\" target=\"_blank\" title=\"Cliquez pour partager sur LinkedIn\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-print\"><a rel=\"nofollow noopener noreferrer\" data-shared=\"\" class=\"share-print sd-button share-icon no-text\" href=\"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=5358\" target=\"_blank\" title=\"Cliquer pour imprimer\"><span><\/span><span class=\"sharing-screen-reader-text\">Cliquer pour imprimer(ouvre dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/span><\/a><\/li><li class=\"share-end\"><\/li><\/ul><\/div><\/div><\/div>","protected":false},"author":1,"featured_media":5360,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"spay_email":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[24],"tags":[354,355,356],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Ecoles-militaires-pr\u00e9paratoires.jpg","jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2bYSy-1oq","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5358"}],"collection":[{"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5358"}],"version-history":[{"count":18,"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5358\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5597,"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5358\/revisions\/5597"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/5360"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5358"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5358"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5358"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}