Zoom sur Blaise Cendrars à la BDIC

Portrait de Blaise Cendrars extrait de l'édition de 1946 de La Main coupée

La Bibliothèque de documentation internationale contemporaine met Blaise Cendrars à l’honneur à l’occasion du 50e anniversaire de sa disparition et de l’acquisition de l’édition originale de J’ai tué.

C’est l’occasion de revenir sur le parcours de l’écrivain d’origine suisse qui s’est engagé dans l’armée française comme volontaire étranger dès 1914 et a été amputé du bras droit en septembre 1915. Il a laissé deux témoignages de son expérience de guerre : J’ai tué (1918) et La Main coupée (1946).

En partant de l’expérience et des écrits de Cendrars, la BDIC a réalisé, outre une bibliographie thématique sélective, plusieurs dossiers très intéressants sur Cendrars et la presse illustrée, La blessure et la mutilation des combattants dans les affiches françaises, L’artisanat de tranchée : « Je tiens le filon », Cendrars et le cinéma.

C’est aussi l’occasion de mieux connaître la BDIC, cette bibliothèque créée en 1917 pour collecter le patrimoine de la Première Guerre mondiale et favoriser la connaissance historique.

Un dossier consacré à la littérature combattante (J’ai tué de Blaise Cendrars et le fonds des récits de guerre à la BDIC) me permet d’évoquer l’intérêt de comprendre les modes de constitution et de classement des collections d’une bibliothèque. Deux exemples :

–  La BDIC possède un système de classement spécifique : c’est l’ancien combattant et historien Pierre Renouvin qui a créé le catalogue et mis en place le thésaurus de 1914-1918. Ainsi chaque récit de guerre est accessible au moyen de trois entrées : une entrée classique par nom d’auteur, mais aussi, et c’est plus original, une entrée par grand type d’unité militaire et une entrée par date de publication.
–  La comparaison entre le catalogue et la production éditoriale du témoignage combattant depuis les années de guerre jusqu’à la fin des années 1920 met en évidence des lacunes dans les collections, qui en disent long sur les mentalités d’une époque, celle de l’après-guerre, à travers les pratiques des bibliothécaires. Un catalogue ne sert pas seulement à trouver des ouvrages, il peut aussi être riche d’enseignements en lui-même.

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