Retrouver un soldat algérien dans les archives françaises

Tirailleurs algériens Depuis la création du blog, nous avons reçu beaucoup de messages d’Algérie. Des questions nous sont régulièrement posées au sujet des Algériens incorporés dans l’armée française pendant la Première Guerre mondiale. Nous ne pouvons pas répondre à toutes les sollicitations, mais nous proposons ici quelques pistes destinées à orienter les chercheurs dans les archives françaises.

Tout d’abord, je conseille la lecture de quatre excellentes fiches méthodologiques élaborées par les Archives nationales :

  1. Les recherches biographiques du XIXe au milieu du XXe siècle (fiche n°29).
  2. Recherches biographiques sur les combattants et victimes de la Première Guerre mondiale (fiche n°22)
  3. Les militaires aux Archives nationales et au Service historique de la Défense (fiche n°23)
  4. Vous recherchez un militaire ?

En 1914, la population de l’Algérie se caractérise par son hétérogénéité. L’Algérie coloniale est alors à son apogée et elle est l’un des premiers partenaires commerciaux de la France. Cette prospérité attire des milliers d’Européens qui viennent s’ajouter aux immigrants français et à la population juive, naturalisée en 1870. Cette communauté de 750 000 personnes cohabite avec 4 500 000 Musulmans, ou « indigènes », qui ne bénéficie cependant pas des même droits.

  • Les Français d’origine ou naturalisés

Quand la guerre est déclarée, la mobilisation s’effectue sans problème en Algérie. Les Français d’Algérie sont mobilisés dans les mêmes conditions que les Français de métropole. De 1914 à 1918, 73 000 Français d’Algérie servent dans l’armée française. Environ 12 000 sont tués ou portés disparus sur les champs de bataille de la Grande Guerre. Ce contingent est renforcé par les hommes nés en Algérie de parents étrangers et qui ont opté, à l’âge de leur majorité, pour la nationalité française. Près de 60 % des fils d’étrangers font ce choix.

Les fiches matricules sont conservées aux Archives nationales d’Outre-mer (ANOM) à partir de la classe 1860 pour le département d’Alger, 1858 pour celui d’Oran et 1867 pour le département de Constantine. En ce qui concerne les officiers, y compris pour les réservistes, un dossier individuel de carrière est conservé au Service historique de la Défense (voir sur notre blog ici et ici).

  • Les indigènes non citoyens français

En 1914, environ 30 000 Musulmans servent dans l’armée française. Leur recrutement s’effectue selon deux modes : le volontariat et, dans une moindre mesure, la conscription introduite en 1912. Partielle dans un premier temps, la conscription est généralisée à partir de 1916. Elle s’accompagne d’abus et de « chasse à l’homme » mais aussi, progressivement, de l’octroi d’avantages aux soldats et à leur famille (primes d’engagements, soldes identiques à celles des Français, pensions et indemnités). Au total, environ 173 000 Algériens musulmans sont incorporés dans l’armée française (80 000 appelés et 60 000 engagés) pendant la Première Guerre mondiale. Près de 125 000 d’entre eux servent en France. 26 000 soldats musulmans ont été tués ou portés disparus en France, en Afrique du Nord et sur le front d’Orient.

Les archives concernant les indigènes non citoyens français, engagés volontaires ou conscrits, sont conservées au Service historique de la Défense au Centre des archives du personnel militaire (CAPM) de Pau. En outre, le Service historique de la Défense à Vincennes conserve aussi les dossiers de carrière des officiers indigènes (sous-série Ye). La sous-sous-série 13 Yf comprend les dossiers de pensions des militaires du rang et des sous-officiers des troupes coloniales et ressortissants de l’Afrique du Nord de 1850 à 1950.

  • Les archives collectives et des unités

Les hommes natifs d’Algérie sont majoritairement incorporés dans les unités du 19e corps d’armée (Algérie et Tunisie) qui forment, avec les troupes du corps expéditionnaire stationnées au Maroc, la fameuse « Armée d’Afrique ». La dénomination, qui n’est plus officielle depuis 1870, a été conservée par tradition. Les soldats européens (engagés et appelés) servent dans les régiments de zouaves (infanterie) et de chasseurs d’Afrique (cavalerie). La Légion étrangère est composée de soldats de métier aux origines diverses tandis que les unités disciplinaires sont composées majoritairement de Français condamnés par la justice militaire et venus principalement de métropole. Quelques appelés et beaucoup d’engagés musulmans sont incorporés dans les troupes indigènes composées de fantassins, les tirailleurs, et de cavaliers, les légendaires spahis. Ces soldats sont encadrés par des officiers européens et des officiers indigènes.

Les archives de ces unités sont conservées au Service historique de la Défense à Vincennes (journaux des marches et opérations et archives des unités). Les journaux des marches et opérations et les historiques régimentaires sont désormais en ligne sur le site internet Mémoire des hommes. Enfin, il ne faut pas négliger une série fragmentaire de 4 479 registres matricules de régiments nord-africains de la fin du XIXe siècle à 1939 consultable au Centre des archives du personnel militaire. Une salle de lecture vient d’ouvrir ses portes à Pau.

Pour accéder aux archives des unités conservées à Vincennes, on peut utiliser les inventaires suivants :

Pour en savoir plus :

  • Anthony Clayton, Histoire de l’armée française en Afrique, 1830-1962, Paris, Albin Michel, 1994
  • Jacques Frémeaux, L’Afrique à l’ombre des épées (1830-1930), Service historique de l’armée de terre, 3 vol.
  • Jacques Frémeaux, Les colonies dans la Grande Guerre : combats et épreuve des peuples d’Outre-mer, Éditions 14-18, 2006.
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4 Responses to Retrouver un soldat algérien dans les archives françaises

  1. nedjah says:

    Nedjah abdelhamid
    N°01 CITE 05 JUILLET EL HAMMA Khenchela Algerie
    e-mail ; Hamidof2@netcourrier.com
    tel: 0664686361
    mon pere Nedjah belkacem ne le 1899 a tamarout ouled rechache khenchela .Decede le 10 juillet 1961 a khenchela .A servi dans les rangs des regiments d’infanterie appartenant a l’armee d’afrique qui dependait de l’armee de terre francaise durant la guerre 14-18 sous le Matricule : 33721 brevet n° INSCRIPTION au grand livre ou brevet invalidite 63.300.057 aveugler par gaz moutarde.
    en ma qualite descendant directe.J’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir m’aider a etablir en souvenir de ce pere disparu son etat des serrvices ou n° de pensien, medaille ou carte de combattant.Je porte a votre connaissance que les recherches effectuées par les services de la BCAAM Caserne Bernadotte Pau cedex 64023.Demeurent vaine. Ma mère est décédée en 1978 sans laissée aucune traces des papiers ou documents de mon père elle touche une réversion de pension au conjoint jusqu’à son Dèce
    ma mere s’appelle Demane aicha.
    Les rensegnements concernant sa filiation devraient être suffisants pour orienter les recherches. 30 ans qu’on fait sa.
    Et je porte a votre connaissance que j’ai un frere decde en France 1989 ancien harki qu’on la pasvu depuis l’independance savoir les circonstance de sa mort s’appelant Nedjah mohames adjel Dans l’espoir d’une suite favorable a ma requte je vous pris d’agreer l’expression de ma consideration respectueuse . merci

  2. hamia hizia says:

    Merci pour vos commentaires. Ce qui m’intéresse personnellement, est la situation de mon grand père
    incorporé en 1914 sous le matricule 572 et dont je possède sa fiche matriculaire reçue de Pau
    sur cette fiche il y est porté « Musulman naturalisé ». Comment a-t-il été naturalisé? Est-ce par filiation
    est-ce par déclaration volontaire? Où chercher et vers quel service se tourner, car Pau n’ont pas
    d’autres détails. Merci.

  3. foughali mohammed says:

    bonjour,je cherche le dossier de naturalisation de mon grand père foughali sebti ben mohamed ,merci

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