Faire des recherches sur un poilu d’Orient

16 mars 2015

Publication de l'Association vosgienne des anciens combattants de l'armée d'Orient (mars 1929) [Gallica]

Publication de l’Association vosgienne des anciens combattants de l’armée d’Orient (mars 1929) [Gallica]

 

La semaine dernière, Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’État chargé des Anciens Combattants et de la mémoire auprès du ministère de la Défense, s’est rendu en Grèce, en Macédoine, en Serbie et en Roumanie, pour commémorer le centenaire du début des opérations militaires sur le front d’Orient. On peut suivre ce voyage mémoriel et commémoratif sur le carnet de voyage de Stéphanie Trouillard, journaliste à France24.

A cette occasion, nous nous sommes intéressés aux sources permettant de partir sur les traces des poilus d’Orient.

Environ 80 000 hommes ont débarqué aux Dardanelles en 1915 et 400 000 autres ont combattu dans les Balkans de 1915 à 1920. A première vue, la recherche d’informations paraît compliquée. Peu d’études et de monographies ont été consacrées à ce front par les historiens. De plus, l’éloignement des champs de bataille et des lieux de mémoire, l’éparpillement des sources en France, l’absence d’archives en Macédoine (ce qui ne semble pas être le cas en Bulgarie) et la barrière de la langue quand les recherches se déplacent dans les Balkans compliquent plus encore les recherches. Pourtant, comme nous l’avons déjà montré en présentant notamment les travaux menés par un professeur et ses élèves en Macédoine en 2012 et en 2014, il est possible de trouver des informations au sujet de ces combattants.

  • Rechercher un soldat

Il n’existe pas d’archives individuelles propres aux 500 000 soldats et aux milliers de marins de l’armée française qui ont séjourné en Turquie, dans les Balkans, en Hongrie ou encore en Russie méridionale de 1915 à 1923. Ils proviennent majoritairement de métropole, mais 18% sont des soldats maghrébins ou sénégalais (proportion plus importante que sur le front de l’ouest). Il faut donc se reporter aux sources habituelles, en particulier aux registres matricules (Tour de France des matricules) ou au Fichier national des morts pour la France (Mémoire des hommes).

En raison des conditions de vie précaires (hygiène déplorable, eau polluée, climat rude, marécages), près de 284 000 soldats ont été malades parmi lesquels 90 000 ont été atteints de maladies contagieuses. Le typhus, la dysenterie mais surtout le paludisme ont fait des ravages. On comptabilise aussi 44 500 soldats blessés au combat. Pour cette raison, il peut être utile de consulter les archives du Service des archives médicales et hospitalières des armées à Limoges ainsi que les archives médicales de la marine, dans la série F des archives des ports.

Enfin, l’Association nationale pour le souvenir des Dardanelles et du front d’Orient est incontournable. Elle propose notamment une aide à la recherche. Elle possède aussi des collections importantes composées d’objets, de documents d’époque et de témoignages d’anciens soldats du front d’Orient (à voir aussi la page Facebook de l’association).

  • Retracer un parcours

Vous n’échapperez pas à un petit paragraphe d’histoire des unités…

Le Corps expéditionnaire d’Orient (CEO) est créé en février 1915. Il participe aux combats de Gallipoli et des Dardanelles. En octobre 1915, il devient Corps expéditionnaire des Dardanelles (CED) jusqu’à sa dissolution en janvier 1916.

L’armée d’Orient (AO